"Les dépenses de la Défense ne doivent plus être comptabilisées dans la dette publique"

La Belgique doit-elle augmenter le budget de la Défense? Sur DH Radio ce lundi matin, Ludivine Dedonder défend son ministère.

Ludivine Dedonder. © BelgaImage

Depuis plusieurs semaines, le budget alloué à la Défense fait couler beaucoup d’encre. La Vivaldi est particulièrement divisée sur ce point. Doit-on investir? Ludivine Dedonder, ministre de la Défense au niveau fédéral, a tenu à défendre son bilan. " Quand j’ai repris ce département, il avait connu d’énormes coupes budgétaires pendant des décennies ", a-t-elle commencé. " L’objectif était de le reconstruire, de le consolider et de le faire grandir. Ce département a pour but d’être au service des citoyens. On l’a vu, en cas de crise, comme lors des inondations ou de la crise Covid, nous étions fort présents. "

Cette reconstruction s’est basée sur trois socles. " Nous avons entamé cette reconstruction par le plan POP. Avec une restructuration du personnel et 10.000 emplois vont être créés sous cette législature. Ils connaîtront également une revalorisation salariale attendue depuis plus de 20 ans. Ensuite, le plan Cartier: c’est terminé de fermer des casernes. Au contraire, deux nouvelles vont être ouvertes et on rénove celles qui sont vétustes. "

Enfin, la dernière avancée est ce qu’on appelle le plan Star. " Il s’agit d’une avancée majeure, un tournant historique. Nous dessinons une croissance continue jusqu’à l’horizon 2030. Ce qui signifie une augmentation du budget et des investissements massifs jusqu’en 2030. " De quelle façon? " Aujourd’hui, il existe entre 24.000 et 25.000 militaires. Nous allons passer à 29 000. Nous souhaitons aussi augmenter nos moyens face aux cyberattaques. "

" Rome ne s’est pas faite en un jour "

Comme souhaité par l’OTAN, Alexander De Croo, le Premier ministre, a déjà exprimé qu’il souhaitait se rapprocher des 2% du PIB avant 2035. Il doit d’ailleurs présenter son projet à Madrid dans le courant du mois de juin. " Nous avons déjà renforcé notre budget alloué à la Défense. Devons-nous encore investir davantage? C’est toute la question. Nous devrons bien analyser la situation et faire attention aux difficultés lacunaires de l’armée en Belgique. Ce que je veux, c’est être responsable. Je ne veux pas dépenser des milliards en argent public par fétichisme de ces 2%. Mais je ne ferme pas la porte car la guerre en Ukraine nous menace. Un tel scénario n’était pas prévu et on pensait que ce type de situation appartenait au passé ", a expliqué Ludivine Dedonder.

Aujourd’hui, la part de la défense atteint 1,54% en Belgique. Selon la socialiste, la Belgique peut-elle atteindre cette barre symbolique des 2%? " Rome ne s’est pas faite en un jour. Nous devons former nos jeunes recrues. Le but est de faire grandir la défense. " La Vivaldi est tiraillée à propos de cette revalorisation des budgets. Quelle est la position du PS? " Groen et Ecolo pensent que le pouvoir d’achat est plus important. Et effectivement, c’est un sujet très important pour les Belges. Mais nous avons un discours plus pragmatique. Si on investit davantage dans l’armée, il ne faut pas que cela se fasse au détriment de la sécurité sociale ou du pouvoir d’achat. L’objectif serait que les dépenses de la Défense ne soient plus comptabilisées dans la dette publique. Cela a déjà été fait après les attentats. "

" Aucune attaque russe n’est prévue "

La guerre en Ukraine a rebattu les cartes en matière de Défense. En cas d’attaque nucléaire contre la capitale de l’Europe, scénario qui est très peu probable mais pas impossible en cas d’envenimement du conflit, comment la Belgique pourrait-elle se défendre? " Aujourd’hui, je tiens à souligner qu’aucune attaque de la Russie n’est prévue sur un pays de l’OTAN. À ce stade, la Russie adopte une posture défensive. Une façon de dire, ne nous attaquez pas ou ne défendez pas trop les Ukrainiens car nous avons l’arme nucléaire. " Mais des plans existent-ils? " Oui, la vigilance est accrue. Comme en cas de cyberattaque par exemple. "

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