Le gouvernement De Croo balise son travail pour les semaines à venir

L'exécutif belge a dévoilé sa feuille de route des chantiers à mener d'ici la mi-juillet et ce dans toute une série de domaines.

Alexander De Croo au Parlement
Alexander De Croo à la Chambre des représentants à Bruxelles, le 19 mai 2022 @BelgaImage

Le gouvernement fédéral a balisé vendredi en comité restreint les dossiers qu’il voulait en priorité faire avancer d’ici le 21 juillet, date habituelle des vacances parlementaires, et évoqué déjà la rentrée dans la perspective du discours de politique générale (state of union) que prononce le Premier ministre le deuxième mardi d’octobre devant le parlement, a-t-on appris de sources gouvernementales.

Une réforme des pensions conçues en plusieurs phases

Le Premier ministre, Alexander De Croo, et les vice-Premiers ministres ont discuté d’une note globale reprenant les différentes priorités d’ici l’été, essentiellement le budget, les pensions, le pouvoir d’achat, la police et le nucléaire. Il a ainsi été convenu d’entamer les discussions budgétaires avant les vacances en prenant en compte l’"avertissement" européen formulé mardi sur la dette. Lundi, la Commission présentera ses recommandations par pays. Les discussions reprendront à la rentrée avec l’objectif habituel d’aboutir pour le mois d’octobre.

Pour ce qui est de la réforme des pensions, le Premier ministre et la ministre des Pensions, Karine Lalieux, ont présenté une note méthodologique en vue de faire aboutir ce vaste chantier. Dans une première phase, quatre mesures pourraient être avalisées d’ici l’été, même si certains partis expriment leurs réticences à donner leur accord tant qu’ils n’ont pas de garantie sur la soutenabilité financière de la réforme: bonus pension, pension à temps partiel, conditions de travail effectif et réduction des inégalités homme-femme.

Pouvoir d’achat et emploi

Lundi, le PS a créé la surprise en présentant 13 propositions visant à soutenir le pouvoir d’achat de la classe moyenne. Rien n’a été discuté vendredi. Le gouvernement attend le rapport du groupe d’experts constitué autour du gouverneur de la Banque nationale sur le pouvoir d’achat et la compétitivité des entreprises, dans le courant du mois de juin. Sur cette base, le gouvernement pourra "entamer la réflexion" sur des mesures supplémentaires pour lutter contre l’augmentation des prix.

Un autre dossier doit également aboutir avant les vacances, celui du "deal pour l’emploi", c’est-à-dire les mesures décidées par le gouvernement au mois d’octobre pour doper l’emploi et dont certaines passent très mal auprès des syndicats, comme la semaine des 4×10 heures et la facilitation du travail en soirée dans le secteur de l’e-commerce. Mardi, les partenaires sociaux ont acté leur désaccord sur ce dossier qui revient donc sur la table du gouvernement qui les a déjà approuvées en première lecture en février.

"Avancer le plus rapidement possible"

Jeudi, à la Chambre, le Premier ministre a indiqué que les projets de loi qui concrétisent cet accord seraient "normalement" approuvés au parlement avant les vacances. Le ministre de l’Emploi et vice-Premier ministre PS, Pierre-Yves Dermagne, examine l’avis divisé des partenaires sociaux, aussi bien les points de convergence qui peuvent être dégagés malgré tout sur certains aspects que les divergences. L’objectif est d’"avancer le plus rapidement possible", a-t-on expliqué au cabinet de M. Dermagne.

En attendant, dans la majorité, les esprits s’échauffent. Au parlement, tant l’Open Vld que le CD&V ont exprimé leur impatience à recevoir les textes du deal pour l’emploi. Les chrétiens-démocrates ont toutefois ajouté qu’ils attendaient aussi des mesures ciblées pour répondre à des situations particulières et plaidé pour la mise en œuvre de mesures asymétriques entre les Régions, comme l’évoque l’accord de gouvernement. Des "décisions importantes" devront être prises dans les prochaines semaines, ont-ils souligné. A gauche, les socialistes ont rappelé leurs propositions en matière de pouvoir d’achat et l’urgence de la situation. A leurs yeux des "considérations budgétaires ne sont plus de mise".

Pendant ce temps, les syndicats font monter la pression. Des actions ont été menées ces derniers jours et une manifestation nationale est annoncée le 20 juin.

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