Investir à la Côte, une vraie bonne idée?

Le home working nous permet désormais de travailler depuis les quatre coins du monde. Pourquoi pas une seconde résidence à la mer ou à l’étranger? En plus d’un rendement à la revente, vous profitez largement de votre investissement.

Mer du Nord @BelgaImage
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Acheter un pied-à-terre à la Côte. Ou pourquoi pas un chalet en Ardenne? À moins de carrément opter pour un bel appartement, voire une maison à l’étranger. Ces dernières années, notre manière de travailler a été bouleversée par la pandémie et tous les spécialistes s’accordent à le dire: l’autonomie des salariés ne fera qu’augmenter. Tant que vous avez le wi-fi, vous pouvez travailler où vous le souhaitez. Face à la mer du Nord ou aux grandes étendues forestières wallonnes, selon les goûts. Ce n’est pas nouveau: les Belges aiment l’immobilier. Alors s’ils peuvent d’une pierre trois coups investir, jouir d’un revenu locatif et profiter de leur investissement quelques semaines par an, voire chaque week-end, pourquoi s’en priver?

Depuis 2016, BNP Paribas Fortis sort annuellement un baromètre sur les secondes résidences. D’après la dernière édition, publiée en 2021, un emprunteur sur quatre avait souscrit un crédit hypothécaire destiné à l’achat d’un deuxième habitat. Dans 95 % des cas, les biens se situaient en Belgique. En moyenne, le montant emprunté était de 210.600 euros. Petite surprise néanmoins: à peine 10 % des habitations ont été achetées dans le but premier de générer des revenus locatifs, contre 22 % en 2019.

Pas trop loin de la maison

Outre les goûts et les couleurs (littoral ou campagne? villes ou lieux isolés?) qui ne se discutent pas, pour les secondes résidences, le critère prépondérant est la distance depuis le domicile. “Rien qu’à la côte belge, cela guide les décisions. On peut parfois mettre 45 minutes de route supplémentaire aller et 45 au retour d’une plage à l’autre. Pour un petit week-end, voire une nuit, cela compte”, commente le notaire ostendais Bart van Opstal.
La mer du Nord est la destination privilégiée des Belges. Les trois communes les plus populaires sont Knokke-le-Zoute (35 % des ventes à la Côte), Ostende (11 %) et Coxyde (8 %). Bart van Opstal confirme l’engouement croissant.

Une alternative aux comptes d’épargne

Le Covid a créé une hausse du nombre de transactions (+15,3 % entre 2020 et 2021) et des prix à la Côte (+4,9 % pour une maison et +4,3 % pour un appartement). “Depuis la pandémie, les ménages ont pu épargner et ont aujourd’hui des réserves disponibles. Ils cherchent une alternative aux comptes d’épargne qui ne rapportent rien et optent pour une résidence secondaire, car, en plus de faire un investissement, ils peuvent en profiter. Notons tout de même qu’une grande part des acheteurs ne contractent pas de crédit hypothécaire et financent en fonds propres. Le fait que les taux d’intérêt augmentent n’est donc pas important pour eux.

Sur le terrain, Frédéric Delgrive, administrateur de l’agence Immo De Panne, confirme les changements. “Toutes les agences ont probablement connu l’an dernier la meilleure année de leur carrière. La vente a été fantastique. Par conséquent, les prix sont montés de 5 à 10 %. Aujourd’hui, la situation est redevenue un peu plus calme. Après la frénésie de l’an dernier, notre portefeuille est désormais réduit même si le marché reste très bon. Cela s’explique par le fait que les achats qui devaient être faits ont été faits, mais aussi par la remontée des taux, la hausse des frais de notaires en Flandre qui augmente les frais d’achat de 2 % et les incertitudes liées à la guerre en Ukraine et au pouvoir d’achat, probablement.”

Des pistolets et des taxes

Les critères des biens recherchés ont également évolué. Bart van Opstal passe désormais moins d’actes de petits pied-à-terre, de studio sans chambre au profit des appartements 1 ou 2 chambres. Cela est lié, dit-il, au télétravail. Frédéric Delgrive confirme la tendance: “Les acquéreurs recherchent hormis un espace plus grand, voire une chambre supplémentaire pour télétravailler s’ils en ont les moyens, un extérieur, une terrasse ou un jardin. À la mer, cela était moins une priorité avant.

Il constate que les biens de moins de 200.000 euros partent comme les pistolets du dimanche matin. C’est aussi le cas des logements avec vue sur mer. “Les biens au-dessus de 400.000 euros sont plus compliqués à vendre. Tout comme des grandes villas anciennes à rénover à cause notamment de la hausse des prix sur les matières premières et les délais de livraison.” Il est également possible que les factures énergétiques importantes pour ces grandes bâtissent en effraient certains.

Il n’y a en réalité pas tant de grandes villas à vendre malgré ce qu’on pourrait croire en se baladant dans les quartiers, nuance le notaire. De plus, la demande est limitée, car une maison requiert du suivi et de l’entretien. Or les propriétaires de seconde résidence cherchent la tranquillité et le bon temps. Ils préfèrent un appartement géré par un syndic, proche de la mer voire sur la digue, et sans travaux.” Il insiste: avant d’acheter une seconde résidence, il est important de se renseigner sur les diverses taxes communales ou provinciales, voire nationales si vous investissez à l’étranger. Gardez en outre toujours à l’esprit que les frais de notaires ne sont, pour une deuxième habitation, jamais réduits.

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