"Le plus terrifiant, c’est le niveau de l’enseignement en Belgique francophone"

Ce mercredi 18 mai 2022, dans "Il faut qu’on parle", Maxime Binet a reçu Étienne de Callataÿ. L’économiste a évoqué l’état de la Wallonie.

Le ministre-président wallon, Elio Di Rupo, fera son discours sur l’état de la Wallonie ce mercredi. Pour Étienne de Callataÿ, reçu ce matin dans l’émission " Il faut qu’on parle " sur DH Radio, le moins que l’on puisse écrire est que la situation n’est pas rose au sud du pays… L’économiste évoque un tableau clairement négatif.

Je pense qu’il n’y a pas eu un discours assez tranché sur la gravité de la situation, l’ampleur des efforts" , estime Étienne de Callataÿ. " On ne peut pas espérer que ça ira beaucoup mieux rapidement en Wallonie. Et le meilleur indicateur pour ça ou le plus… terrifiant, c’est le niveau de l’enseignement en Belgique francophone. Avec ce que nous indiquent les enquêtes PISA de l’OCDE par exemple, il est tout à fait illusoire d’espérer que la Wallonie puisse rattraper la Flandre... "

Et l’économiste de poursuivre: " Des solutions miracles, il n’y en a pas, mais j’aurais aimé un discours plus vérité sur l’état de la situation pas désespérant, mais je pense que c’est en reconnaissant la gravité de la situation que l’on peut davantage mobiliser et inspirer. "

Jetant un œil dans le rétroviseur, Étienne de Callataÿ n’a pas oublié le discours à l’époque de Laurette Onkelinx, " qui nous disait qu’on allait tous être bilingues en 2000… On est en 2022, c’est 22 ans plus tard que l’objectif qu’on s’était fixé. Et je crois qu’il vaut mieux qu’on ne fasse pas le test, parce qu’on serait horrifié. "

Interrogé sur la transition écologique, l’économiste s’est en revanche montré moins inquiet pour la Wallonie que pour la Flandre, estimant que la première citée est prête à faire face et se trouve moins exposée.

Je serais Flamand, je crois que je m’en inquiéterais davantage. Pourquoi? Regardez la Flandre, qui doit une partie de sa richesse à Anvers et à Zaventem, ce ne sont pas des activités promises a priori au plus beau des avenirs. Il y a l’activité pétrochimique à Anvers, ce n’est pas nécessairement très prometteur, l’élevage industriel très présent en Flandre et qui pose de graves problèmes. La Wallonie n’aura pas ces problèmes-là. "

Quid des finances wallonnes? Face au constat que la dette atteindrait 45 milliards en 2024 à politiques inchangées, de Callataÿ convient " qu’il faut mener une politique de prudence budgétaire, parce que le mot ‘austérité’ est banni. Si vous voulez garder votre destin en main, vous ne voulez pas être l’otage des agences de notations, qui (NDLR, le cas échéant) vont vous rétrograder et qui vont dès lors vous faire devoir payer plus cher sur votre dette. Déjà, les nouvelles récentes en matière de relèvement des taux d’intérêt ne sont pas très bonnes, encore moins pour ceux et celle qui sont endettés, notamment la Wallonie. "

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