L’IRM prévoit un indice de sécheresse "extrême": faut-il s’inquiéter?

Un record de sécheresse est peut-être en vue pour les jours à venir, mais d'autres paramètres entrent aussi en ligne de compte.

Un sol sec dans le Brandebourg
Un sol sec à Sachsendorf (Brandebourg, Allemagne), le 12 mai 2022 @BelgaImage

Après une année 2021 très humide, place à la sécheresse! C’est en tout cas ce qu’annonce l’Institut royal de météorologie (IRM) qui vient de mettre à jour ses prévisions pour la période allant jusqu’au 25 mai. Bilan: toute la Belgique, à l’exception de quelques rares petites zones, fera face à un temps "extrêmement sec". Une situation qui n’est pas sans conséquences mais qui suscite une inquiétude encore modérée.

Une carte préoccupante

Le problème, c’est qu’il n’a que très peu plu ces derniers mois. En mars, les précipitations se sont limitées à 2 petits millimètres, contre 59 pour la normale. En avril, le déficit est moins grand mais réel malgré tout: 37,4 mm, alors que la norme se situe à 46,7 mm. Enfin, en mai, pour l’instant, il n’y a eu que 0,77 mm, autrement dit quasi rien.

Résultat: la carte de l’IRM pour l’indice de sécheresse est d’ores et déjà aujourd’hui préoccupante. Pour le 15 mai, une bonne partie du pays, surtout à l’ouest, est classée comme zone "extrêmement sèche". Seules les hauteurs des Ardennes se rapprochent véritablement de la normale.

Mais cela ne va pas durer. Pour ses prévisions d’ici le 25 mai, cette même carte devient presque unicolore, avec partout cette alerte maximale. Seules quelques rares communes wallonnes comme Aubange ou Butgenbach seront "seulement" classées en zones "très sèches".

Un été chaud en prévision?

Pour l’instant, l’année 2022 n’est pas la plus sèche jamais enregistrée. Mais cela va-t-il durer? Selon les prévisions à 10 jours, les précipitations cumulées sur 90 jours seront si faibles que le record pour une fin mai pourrait être battu. Jusqu’ici, il s’agissait de l’année 1976. Maintenant, 2022 devrait prendre sa place. Petite consolation: ce lundi, quelques pluies pourraient avoir lieu ici ou là, mais pas de quoi faire changer la tendance. Aux alentours de jeudi et vendredi, des averses orageuses sont pour l’instant prévues. Est-ce que cela suffira à nous éviter un record de sécheresse? À l’heure actuelle, l’IRM se montre plutôt pessimiste.

Peut-être plus alarmant encore: les prévisions saisonnières montrent que les températures pour mai-juillet devraient être supérieures à la normale pour une grande partie de l’Europe. Pour ce qui est des précipitations, le temps devrait être également plus sec que la normale sur l’Europe du Sud. Chez nous, aucun scénario ne se dégage pour l’instant. Quoi qu’il en soit, le manque de pluies durant ce printemps a de bonnes chances d’être préjudiciables sur le moyen terme, les averses d’été étant souvent plus localisées et denses, ce qui fait que l’eau pénètre moins bien jusqu’aux nappes phréatiques.

Un temps sec mais encore de bonnes réserves

Qu’en est-il justement des nappes phréatiques? A priori, même si le niveau de certains cours d’eau baisse bien, l’inquiétude est moins grande sur ce plan-là. "On parle en effet d’une sécheresse de surface", indique à la DH Pascal Mormal, météorologue de l’IRM. "Or, quand des précipitations tombent sur le sol, il faut plusieurs mois avant que l’eau arrive dans les nappes phréatiques. L’année 2021 et le dernier hiver ont en partie permis de récupérer le déficit observé ces dernières années dans les nappes phréatiques. Il n’y a pour l’instant pas de préoccupation à avoir en matière d’approvisionnement en eau potable. Par contre, la question pourrait se poser si on vit le même été que celui de 1976, qui avait été extrêmement sec".

C’est pour cette raison que les autorités incitent les particuliers à remplir dès maintenant les citernes d’eau de pluie. Cela permet d’éviter à ce que de l’eau soit pompée plus tard, si l’été se révèle lui aussi très sec. Le dernier bilan sur l’état des réserves en eau ne s’alarme par ailleurs pas des volumes des barrages-réservoirs (sauf à Eupen), ni du niveau des voies navigables et non navigables. "Les niveaux de la majorité des masses d’eau souterraine sont comparables ou inférieurs au niveau moyen rencontré à la même période, ces cinq dernières années", confirme pour sa part la région wallonne.

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