Quelles sont les sources de gaz à effet de serre en Belgique?

Plusieurs secteurs sont responsable d'une part considérable des gaz à effet de serre en Belgique. Certains s'améliorent, d'autres pas.

Fumée à Genk
Fumée provenant d’un site industriel à Genk en 2014 @BelgaImage

La Belgique a encore du pain sur la planche d’ici 2030. Comme le prévoit l’exécutif fédéral dans son accord de gouvernement, le pays devra d’ici là baisser de 55% ses émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à 1990. Un objectif qui incite régulièrement les régions à se montrer plus ambitieuses. Il y a une semaine, les autorités bruxelloises ont par exemple édicté qu’en 2030, la capitale aura réduit ses propres GES de 47% (comparé à 2005), au lieu de 40% auparavant. Pour arriver à ses objectifs climatiques, la Belgique devra lutter sur plusieurs fronts, notamment en visant ses secteurs les plus polluants.

Les transports et l’industrie: des fléaux climatiques

Concrètement, la Belgique a déjà réduit ses GES de 20% depuis 1990. Selon les dernières informations en date données par le fédéral, les secteurs émettant le plus de GES sont les suivants. Celui des transports arrive en tête avec 20,4% du total. Suivent différents secteurs industriels: l’énergie (17,9%), les "processus" (17,7%, c’est-à-dire les activités non liées à la combustion de combustibles fossiles), et la "combustion" (12,3%, qui résulte de la consommation d’énergie primaire). Le chauffage résidentiel occupe lui aussi une bonne part du gâteau (13,8%), ainsi que l’agriculture (11,2%). Le reste est dû au chauffage tertiaire (4,9%) et aux déchets (1,1%) (sans compter 0,7% du total lié à d’"autres" domaines).

Pour l’heure, une bonne partie de la réduction des GES est due à l’industrie. Une baisse parfois subie. C’est par exemple le cas du secteur de l’énergie où la fermeture de six usines à coke, principalement wallonnes et très polluantes, a contrebalancé la hausse de 10% des émissions du raffinage du pétrole. Du côté des industries manufacturières à "combustion", c’est la crise économique du secteur du fer et de l’acier qui a pesé. Avec l’achat de fours électriques, "la part des usines sidérurgiques utilisant l’électricité est passée de 9% en 1990 à 35% en 2011", font savoir les autorités. "C’est la principale cause de la baisse apparente de la consommation d’énergie".

Revers de la médaille: l’émission de GES a augmenté dans les transports (+25% entre 1990 et 2019) et dans le chauffage tertiaire (+36%). Convertis en kilotonne équivalent CO2, cela représente une augmentation de 5k pour les transports, soit quatre fois plus que le chauffage tertiaire. Il s’agit de l’une des évolutions les plus préoccupantes en matière climatique. Pour le chauffage tertiaire, un des facteurs qui pèse le plus dans la hausse des GES est l’augmentation du nombre d’employés (+35% entre 1993 et 2017). Le développement des technologies de l’information, ainsi que l’utilisation accrue des zones réfrigérées et de la climatisation, pèsent pour beaucoup.

Les sources de GES au cas par cas

Si on entre un peu plus dans le détail, on peut analyser pour chacun de ces secteurs ce qui cause le plus de GES. Pour ce qui est des transports, 96% des émissions sont dues au transport routier, 1,7% à la navigation domestique et 0,3% au ferroviaire. Dans l’industrie énergétique, le gros est lié à la production d’électricité publique et de chaleur (73,6%). Suivent le raffinage du pétrole (25,7%) et la fabrication de combustibles solides (0,8%). Pour les processus industriels, les GES proviennent surtout des entreprises chimiques (47%, dont 41% pour la pétrochimie et 13% pour l’ammoniac), des produits minéraux (22%, dont 64% pour le ciment et 29% pour la chaux) et de la métallurgie (16%). Dans les industries manufacturières à "combustion", 28% est lié encore une fois à la chimie, 19% à la transformation des aliments et des boissons, et 9% à l’industrie du fer et de l’acier.

Pour ce qui est du chauffage, les combustibles gazeux représentent 80% de la consommation d’énergie dans le secteur tertiaire (hors électricité et chaleur), contre 3,4% pour la consommation de biomasse et d’autres combustibles. Dans le résidentiel, l’émission de GES varie fortement en fonction de la météo, avec des pics lors des années froides (1996, 2010, 2013) et des creux lorsqu’il fait plus chaud (2007, 2011, 2010, 2013). Au sein de l’agriculture, les deux principales sources de pollution sont le méthane (dont 43% via la fermentation entérique provenant essentiellement des bovins, et 20% des déjections provenant surtout des porcins) et le protoxyde d’azote (dont 35% liés aux sols). Reste les déchets, où près de la moitié du GES est dû à trois sources: leur incinération, le traitement des eaux usées, et le compostage.

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