Des dizaines de personnes droguées par piqûres lors d’un bal en Gaume 

Lors d'une soirée à Dampicourt, au moins une quinzaine de personnes témoignent avoir été droguées contre leur gré, notamment par piqûres. Un modus operandi qui a créé une psychose en France ces dernières semaines.

Piqûres mystérieuses
Belga

Que s’est-il passé lors du bal des jeunes à Dampicourt, village gaumais du sud de la province de Luxembourg. Le Parquet d’Arlon a ouvert une enquête après avoir reçu sept plaintes suite à cette soirée. Tous les plaignants disent avoir été drogués, via une substance déposée dans leur verre ou par piqûres. Ce dernier modus operandi qui a créé une véritable psychose en France ces dernières semaines.

Les faits remontent au week-end dernier. Environ 2.300 personnes se sont retrouvées sous un chapiteau bondé à Dampicourt, dans la commune de Rouvroy. Le bal, organisé par le Club des Jeunes du village, a lieu chaque année. Il n’y a jamais de problème. Cette fois-ci, les choses étaient différentes.

" Un halo rouge pâle au niveau de la fesse "

Selon des propos recueillis par le journal luxembourgeois L’Essentiel, Augustin est arrivé au bal à " 20h30 pour l’ouverture. J’ai très peu bu. Cinq six bières mais mon état était catastrophique. Je ne tenais plus debout, j’avais la tête lourde, des nausées. J’étais vraiment pas bien du tout (…) J’ai l’habitude des festivals. Je connais ma tenue d’alcool et je sais que je ne suis pas dans cet état après cinq-six bières ".

Le lendemain vers 13h-14h, il se rend à l’hôpital de Mont-Saint-Martin pour faire une prise de sang. "On m’a pris en urgence, pour pas que d’éventuelles traces disparaissent. Il s’est avéré que j’étais positif au GHB. Je ne prends aucune drogue. J’ai juste pris de la bière. Je suis allé chercher chacun de mes verres. Si j’avais pris volontairement du GHB, je n’aurais aucun intérêt à le faire savoir et aller me faire tester. Je risquais d’avoir des problèmes plus qu’autre chose".

La fille de Caroline avait quant à elle une trace " rouge avec un halo rouge pâle au niveau d’une fesse", qu’elle attribue à une mystérieuse piqûre. Sa mère raconte à L’Essentiel qu’après avoir perdu connaissance sur place, la jeune fille de 19 ans a été prise " d’hallucinations et d’une extrême agitation dans l’ambulance qui la conduisait à l’hôpital d’Arlon. Elle s’est réveillée à 7h le lendemain aux urgences (…) Elle ne veut plus dormir seule et me dit qu’elle ne risque pas de ressortir. Beaucoup de jeunes sont choqués".

Soixantaine de faits en France

La mère de Caroline a expliqué avoir recueilli une quinzaine de témoignages similaires sur les réseaux sociaux. Aucun suspect n’a pour l’instant été arrêté. Le CDJ de Dampicourt a réagi à toute cette affaire dans un communiqué : "La sécurité de nos participants est notre priorité absolue. Nous sommes sincèrement désolés pour les personnes ayant subi ces agissements".

En France, le phénomène des piqûres dans les boîtes de nuit a créé une véritable psychose. Depuis début avril, une soixantaine de faits ont été enregistrés aux quatre coins de l’Hexagone, selon une source policière. On dénombre quinze enquêtes à Rennes et en Loire-Atlantique (ouest), d’autres dans l’Hérault (sud), l’Isère, en Haute-Garonne, en Dordogne (sud-ouest). Il semblerait que cet inquiétant phénomène soit entré en Belgique par la Gaume, région la plus au sud du pays située à quelques kilomètres de l’Hexagone.

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