Harcèlement à l’UCLouvain: "aucun cadre légal strict" s’indigne l’AGL

L'assemblée des étudiants néolouvanistes (AGL) dénonce la gestion du problème des violences sexistes à l'UCLouvain et fait des propositions en ce sens.

Recteur de l'UCLouvain, Vincent Blondel
Le recteur de l’UCLouvain, Vincent Blondel, le 22 septembre 2021 à Louvain-la-Neuve @BelgaImage

Une réflexion sur les politiques de prévention et de prise en charge des violences sexistes et sexuelles pour la communauté étudiante est nécessaire à l’UCLouvain, estime l’Assemblée générale des étudiants de Louvain (AGL) mercredi dans un communiqué, après l’ouverture d’une enquête contre l’université pour des faits de harcèlement sexuel. "Il n’existe actuellement aucun cadre légal strict qui impose aux établissements d’enseignement supérieur de mettre en place une véritable politique de prévention et de prise en charge du harcèlement et des violences sexuelles envers les étudiants et étudiantes", pointe l’AGL. L’UCLouvain a pour sa part elle aussi réagit à l’affaire en cours.

Problème "lié à la structure patriarcale de notre société", d’après l’AGL

"En mars 2021, nous pouvions déjà lire sur les réseaux sociaux, puis dans la presse, des témoignages d’étudiantes qui avaient subi des situations de harcèlements, de violences sexistes et sexuelles et de viols sur les différents campus", rappelle l’Assemblée générale des étudiants. Et pourtant, un an après cet élan de témoignages, et mis à part un plan Respect répondant à certaines revendications, rien ne semble se concrétiser face à ce problème urgent, regrette-t-elle.

"Si le problème des violences sexistes et sexuelles revient de façon si cyclique, c’est parce qu’il est lié à la structure patriarcale de notre société (…)", estime encore l’AGL. "C’est parce que ces violences sont structurelles que les solutions devront être les plus complètes et concertées possibles. Malheureusement, à l’heure actuelle, nous manquons d’espaces de coordination et leur mise en place est dans les mains de l’UCLouvain". "Si le plan Respect est un pas en avant, la majorité du chemin reste encore à parcourir afin d’avoir une politique de prévention et de prise en charge des victimes pleinement opérationnelle", poursuit l’AGL.

Cette dernière plaide donc pour une professionnalisation et une indépendance de Together (la cellule de l’UCLouvain pour le personnel et les étudiantes), pour un lieu d’accueil physique sur chaque site UCLouvain et une augmentation du budget. Une structuration des missions et de la transmission d’informations est par ailleurs nécessaire, selon elle.

L’UCLouvain "particulièrement attentive"

De son côté, l’université dit avoir appris par la presse l’ouverture d’une enquête à l’auditorat du travail du Brabant wallon, à la suite de plaintes pour harcèlement, et assure n’avoir pas reçu à ce jour d’information de l’auditorat quant à la nature et à l’objet des plaintes déposées.

L’UCLouvain souhaite "améliorer l’encadrement et le soutien aux victimes de harcèlement". Elle indique s’être récemment engagée dans le cadre de la campagne RESPECT à faire évaluer par une commission d’experts de l’université, le cadre réglementaire et les dispositifs en matière de harcèlement, ce afin de garantir un cadre de travail sécurisant à ses employés et étudiants. L’université affirme encore qu’elle sera "particulièrement attentive à collaborer avec l’auditorat du travail".

L’auditorat du travail près le tribunal du travail du Brabant wallon a confirmé, mardi, qu’à la suite des plaintes déposées par différents membres du personnel, l’autorité judiciaire a décidé d’ouvrir une enquête contre l’UCLouvain. Il s’agit de vérifier si, en matière de harcèlement sexuel, les mesures de prévention mises en œuvre au sein de l’Université sont suffisantes.

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