Vaccination obligatoire des soignants: l’"entêtement" de Vandenbroucke

L'obligation vaccinale des soignants a été approuvée en commission ce mardi, malgré les chiffres positifs du covid en Belgique et les recommandations de la taskforce vaccination.

Frank Vandenbroucke
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La commission de la Santé de la Chambre a approuvé mardi en deuxième lecture, majorité contre opposition, le projet de loi qui instaure l’obligation vaccinale des soignants contre la covid-19. Très controversée cette mesure n’entrera toutefois pas en vigueur pour le moment. Dans un avis diffusé lundi, la Taskforce vaccination a jugé que, dans le contexte épidémiologique actuel, cette obligation n’était pas proportionnelle.

Initialement, le projet de loi établissait la date du 1er juillet mais, par des amendements, la majorité a retiré la date fixée pour l’entrée en vigueur de l’obligation. Celle-ci devra être décrétée par un arrêté royal délibéré en Conseil des ministres et motivée par des avis scientifiques, notamment de la Taskforce Vaccination et du Conseil Supérieur de la Santé. " Dans le contexte épidémiologique actuel, la vaccination obligatoire des prestataires de soins de santé ne serait pas conforme au principe de proportionnalité ", a indiqué la Taskforce, après avoir consulté le Conseil supérieur de la santé et le " Risk Assessment Group " (RAG), dans un avis diffusé lundi.

La Taskforce précise toutefois qu’une nouvelle flambée de l’épidémie est prévisible. Si la situation épidémiologique venait à nouveau à se dégrader, qu’un nouveau variant apparaissait et/ou une baisse significative de l’immunité étaient observés, impliquant une remontée du nombre de décès et d’hospitalisations, l’avis serait réévalué.

Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, a insisté sur l’approche " flexible " qui avait finalement été retenue. " Il faut être prêt ", a-t-il souligné. " Nous mettons au point un cadre législatif pour le moment où il faudra le mettre en œuvre. Espérons que cela n’arrive jamais ".

" Une gifle aux héros de la crise "

L’opposition a quant à elle maintenu ses objections au texte, en particulier à propos de la suspension du visa permettant aux prestataires de soin d’exercer et du risque de licenciement qu’ils courent alors que le secteur est confronté à des pénuries de personnel.

Ce n’est pas un projet de loi vaccination mais un projet de loi de licenciement des soignants. Votre discours est celui de la brutalité ", a dénoncé la cheffe de groupe Les Engagés, Catherine Fonck, tandis que Sophie Rohonyi (DéFI) parlait " d’une gifle aux héros de la crise ". Les deux parlementaires ont regretté que d’autres mesures, moins dures, n’aient pas été examinées. Sofie Merckx (PTB) a fustigé " un projet de loi purement répressif " et s’est étonnée du silence de la majorité qui, Vooruit excepté, ne s’est plus exprimée au cours de cette deuxième lecture.

La N-VA s’en est pris quant à elle à l’" entêtement " du ministre à imposer cette obligation alors qu’il devrait plutôt chercher " des bras " pour les hôpitaux. Une accusation qui a fait bondir le ministre et son parti, Vooruit. Ils ont comparé les 4 milliards investis par le gouvernement actuel comparé aux économies pratiquées par le gouvernement Michel, dont les nationalistes flamands faisaient partie. " C’est comme si le roi Hérode (qui, selon les Évangiles, a ordonné le Massacre des Innoncents) donnait des leçons sur le bien-être des enfants ", a lancé M. Vandenbroucke.

L’opposition a demandé la lecture du rapport des travaux parlementaires. Celle-ci devrait avoir lieu le 17 mai avant un examen en séance plénière le 2 juin. Le vote définitif risque de se faire attendre encore puisque l’opposition a annoncé qu’elle demanderait l’envoi d’amendements au Conseil d’État.

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