Adrien Dolimont: "La Wallonie n’est pas dans la même situation que la Grèce"

Avant le conclave budgétaire de la Wallonie, le ministre wallon des Finances et du Budget Adrien Dolimont analyse la situation de la région.

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Dans un peu plus d’une semaine, le 19 mai, le nouveau ministre wallon du Budget va devoir se pencher sur le conclave budgétaire de la Wallonie. Un exercice qui s’annonce d’ores et déjà compliqué car la santé des finances wallonnes n’est pas au beau fixe. Elle l’est d’autant moins depuis l’éclatement de la guerre en Ukraine.
" On n’a jamais autant parlé des finances wallonnes que depuis que je suis arrivé, donc moi je suis content ", indique tout d’abord Adrien Dolimont. " Clairement, la situation n’est pas facile. Il ne faut pas non plus tout dramatiser. On a une trajectoire bien définie et tout l’enjeu sera de rester dans cette trajectoire malgré les différentes crises que l’on vit ", explique le ministre.

Entré en fonction le 13 janvier dernier, le ministre de 33 ans explique toutefois que cette mandature est assez exceptionnelle, tant pour lui que pour son prédécesseur Jean-Luc Crucke. " Ce n’est pas facile car il a fallu faire face au Covid, aux inondations… Ce sont des crises qui ont à chaque fois un impact à coups de milliards – il faut bien s’en rendre compte – pour nos finances wallonnes. Maintenant il y a l’Ukraine et nous ne savons pas encore réellement mesurer l’impact de cette crise sur nos finances ", détaille Adrien Dolimont.

Ce dernier ne cache pas que la Wallonie est actuellement en crise. " On doit affronter cette crise et tenter de rester dans la trajectoire définie. C’est pour ça que Moody’s avait tiré un signal d’alarme en dégradant précédemment la cotation de la Wallonie en disant qu’on doit pouvoir faire l’assainissement par rapport à la dette de la Wallonie pour pouvoir affronter à moyen terme la crise. "

Adrien Dolimont estime qu’il est actuellement compliqué de prévoir l’avenir budgétairement parlant. " On a du mal à avoir une vision à moyen terme car il est compliqué de savoir comment la situation économique évolue. Nous devons donc faire le maximum avec les indicateurs dont on dispose. "

" Il faut arriver à 1,5 milliard d’économies dans 10 ans "

Si la situation reste compliquée, le ministre des Finances et du Budget assure qu’il est encore possible de faire des économies à l’heure actuelle. " Ce n’est plus un choix politique mais bien un choix de responsabilité. Il faut savoir ce que l’on veut laisser aux générations qui vont nous suivre car c’est vraiment ça l’enjeu. On peut parler de développement durable de nos finances publiques. A un moment donné on doit se dire qu’on doit pouvoir faire des efforts maintenant pour pouvoir continuer à investir dans l’avenir de nos enfants. "

Pour ce faire, Adrien Dolimont a défini une trajectoire qui promettait une économie de 150 millions d’euros tous les ans, minimum. " On va réévaluer le montant de l’effort à faire chaque année. C’est-à-dire que ce sera minimum 150 millions la première année, 300 millions la deuxième et ainsi de suite. Il s’agira donc d’un effort assez soutenu pour arriver in fine dans 10 ans à 1,5 milliard d’économies. "

Souvent comparée à la Grèce, la Wallonie n’est toutefois pas dans le même état de santé financière, comme le soutient Adrien Dolimont. " Je n’entends que ça depuis que je suis ministre du Budget. Fort heureusement nous ne sommes pas du tout dans la même situation. Le ratio dettes-recettes de la Grèce était de 380% avec des comptes qui n’étaient pas forcément lisibles. En Wallonie, les comptes sont audités régulièrement et notre endettement est à 94% à un taux fixe, ce qui n’était pas le cas en Grèce ", conclut le ministre MR.

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