Pas de vaccination obligatoire pour les soignants, pour l’instant

Au vu du contexte sanitaire actuel, la taskforce ne voit pas la nécessité de faire vacciner les personnels médicaux. Elle précise toutefois que cet avis pourrait être revu si l'épidémie reprend.

Soignante s'occupant d'un patient covid dans un hôpital
©Belga

La taskforce vaccination ne recommande pas la vaccination obligatoire du personnel soignant pour le moment vu le contexte épidémiologique, a-t-elle indiqué dans un avis rendu jeudi et diffusé lundi.

Dans le contexte épidémiologique actuel, la vaccination obligatoire des prestataires de soins de santé ne serait pas conforme au principe de proportionnalité" , a-t-elle expliqué après avoir consulté le Conseil supérieur de la santé et le " risk assessment group " (RAG).

L’avis précise toutefois qu’une nouvelle flambée de l’épidémie est prévisible. Si la situation épidémiologique venait à nouveau à se dégrader, qu’un nouveau variant apparaissait et/ou une baisse significative de l’immunité étaient observés, impliquant une remontée du nombre de décès et d’hospitalisations, l’avis serait réévalué.

Un sujet sensible

Cet avis a été rendu alors que la commission de la Santé doit approuver mardi en deuxième lecture un projet de loi du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, qui établit le principe de cette vaccination obligatoire des soignants. Le sujet est sensible et a provoqué de fortes tensions dans la majorité à la fin de l’année passée après que les syndicats, poussés par une partie de leur base, se sont opposés à cette obligation.

La majorité s’est accordée sur des amendements qui ont retiré la date fixée pour l’entrée en vigueur de l’obligation, en principe le 1er juillet. La mise en œuvre de l’obligation devra être décrétée par un arrêté royal délibéré en Conseil des ministres. Celui-ci devra être motivé par des avis scientifiques établis, notamment par la Taskforce Vaccination et le Conseil Supérieur de la Santé sollicités le 28 mars par le ministre.

"Se vacciner est un devoir éthique"

Dans l’opposition, les cheffes de groupe Les Engagés, Catherine Fonck, et PTB, Sofie Merckx, ainsi que la députée Kathleen Depoorter (N-VA), ont appelé la majorité à ne pas voter le projet de loi. " Se vacciner est un devoir éthique mais votre loi est totalement disproportionnée ", a souligné Mme Fonck qui propose comme solution de rechange un entretien avec le médecin du travail pour comprendre la vaccination et motiver celle-ci.

La Taskforce rappelle toutefois l’importance de la vaccination complète dans la lutte contre le coronavirus et insiste sur l’administration de la dose de rappel. " L’administration de la dose booster permet de restaurer l’efficacité vaccinale contre les hospitalisations et doit être vivement encouragée pour les professionnels soignants ayant déjà reçu une primovaccination de base (1 ou 2 doses) ", dit l’avis.

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