Les logopèdes réclament la revalorisation de leurs honoraires

Les logopèdes de Belgique manifesteront jeudi à Bruxelles pour réclamer la revalorisation de leurs honoraires.

Salaires des logopèdes
Illustration. (@Belga Image)

Des logopèdes manifesteront jeudi de 10h00 à 11h30 devant la gare de Bruxelles-Central pour réclamer la revalorisation de leurs honoraires, a annoncé lundi l’Union professionnelle des logopèdes francophones (UPLF), à l’initiative de l’action, en partenariat avec la Vlaamse Vereniging Voor Logopedisten (VVL).

Les logopèdes convergeront vers le Carrefour de l’Europe pour demander une révision à la hausse de leurs honoraires – pour l’instant fixés à 28,33 euros par séance de minimum 30 minutes – à 33,40 euros. Pour financer cette hausse, les logopèdes demandent une augmentation du budget alloué au secteur. "On constate que nombre de logopèdes arrêtent leur pratique professionnelle, ne parvenant plus à en vivre. Par conséquent, les patients ne trouvent plus forcément de prestataires de soins pour leur traitement", déplore Annabelle Duval, représentante de l’UPLF.

Selon les associations professionnelles du secteur, 28,33 euros, ce n’est pas suffisant pour couvrir l’ensemble des frais qui incombent aux logopèdes. Cette somme comprend la séance, mais doit aussi permettre de couvrir toutes les démarche en amont et en aval, soit la préparation des séances, la formation continue, les déplacements lors des visites à domicile, la gestion administrative, etc., explique Mme Duval.

Le montant de 33,40 euros avait été discuté et validé en commission de convention car il correspond à ce qui permettrait aux logopèdes de sortir la tête de l’eau. Faute de budget pour financer cette augmentation, les associations professionnelles n’ont pas signé le texte de convention et les logopèdes exercent depuis janvier sans convention. Dommage collatéral de cette situation: la profession n’a pas non plus pu bénéficier d’une indexation d’honoraire.

À l’heure actuelle, les logopèdes sont donc libres de fixer leurs honoraires, poussant certains à augmenter leurs tarifs pour pouvoir continuer à exercer. "Cela implique que, pour le moment, ce sont en quelque sorte les patients qui financent cette augmentation, ce que nous estimons absolument intolérable", souligne la représentante de l’UPLF. "Nos patients comprennent la situation et sont solidaires, mais ce n’est pas à eux d’en supporter les coûts. C’est à notre gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour que l’accès aux soins soit toujours optimal."

L’UPLF et la VVL espèrent aboutir à une négociation. "Investir dans le secteur de la logopédie, c’est investir dans l’avenir des enfants", rappelle Mme Duval. "C’est véritablement une problématique de santé publique qui est en jeu. On se bat pour nous, mais aussi pour nos patients. Il faut que l’on trouve une solution pour éviter que la situation ne s’aggrave et que les patients trouvent de moins en moins de logopèdes."

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