J’ai participé à un panel citoyen au Parlement bruxellois

Plongée dans les coulisses d’une commission délibérative bruxelloise à travers le témoignage d’une citoyenne.

participation citoyenne en politique
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J’ai cru que c’était de la poudre aux yeux”, dit Ariane De Backer, une jeune étudiante de 22 ans tirée au sort pour participer à un panel citoyen au Parlement bruxellois. L’objectif était de déterminer comment associer les citoyens en cas de crise, dans la foulée du Covid. “Les députés étaient bienveillants. On a mieux compris le fonctionnement des institutions et on se sent écouté.” Les citoyens et les députés ont établi 22 recommandations au bout de trois week-ends de travail. La première étape était d’écouter des experts. “Ils nous ont expliqué les difficultés du terrain. Mais il manquait un expert en économie et cela n’a pas été possible à rattraper”, regrette Ariane, qui s’est demandé qui avait choisi ces experts. “Je leur ai dit que s’ils choisissaient les experts en fonction de leur couleur politique, c’était orienter les débats. Mais c’est un comité indépendant qui a fait les choix.” Le second week-end a été consacré à des délibérations en petits groupes, un facilitateur veillant à ce que personne ne devienne le leader.

Parmi les citoyens, un jeune d’à peine 16 ans, des plus de 60 ans et même un citoyen qui ne parlait qu’arabe et qui nécessitait un traducteur. Au moment de rassembler les idées de tout le monde, la “magie” a opéré: un consensus s’est dégagé sur plusieurs points, dont certains auxquels les élus n’auraient jamais pensé. “Le troisième week-end, on a reçu un petit cours de droit public très ­pédagogique et on a écrit les recommandations telles qu’on allait les voter. On pouvait déposer des amendements mais du côté citoyen, on ne l’a pas fait.” Aujourd’hui, Ariane reçoit un suivi régulier du processus. “Si ce qu’on a recommandé n’aboutit pas, les citoyens ne viendront plus. Donc, les politiques ont la pression. Parfois les députés prenaient trop la parole. Parfois, des citoyens étaient trop timides pour s’exprimer. Mais le facilitateur est là. Il a poussé un citoyen à parler et finalement sa proposition a été reprise telle quelle. C’est un bon processus, bienveillant et constructif avec une grande diversité de parcours de vie, ce qui est très enrichissant.

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