Cordon sanitaire: comment les partis révisent la Charte de la démocratie

Quatre partis, dont le PS et le MR, se réunissent pour voter une nouvelle version de la Charte de la démocratie afin de contrer l'extrême-droite.

Georges-Louis Bouchez à Bruxelles
Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, à Bruxelles le 1er mai 2021 @BelgaImage

Une réunion rassemblant le PS, Ecolo et Les Engagés a été prévue vendredi afin de réviser et d’adapter la Charte de la démocratie de 2002. Le MR a lui aussi été convié et y participera, a indiqué jeudi soir le président du parti libéral francophone, Georges-Louis Bouchez. "Nous sommes conviés. Nous répondons positivement", a-t-il affirmé lors de l’émission Jeudi en Prime de la RTBF-télévision, une semaine après avoir participé à un débat controversé avec son homologue du parti d’extrême droite Vlaams Belang, Tom Van Grieken, sur la chaîne de télévision publique flamande VRT.

Barrage à l’extrême-droite

Le PS, Ecolo et Les Engagés ont revu et adapté la Charte de la démocratie de 2002, selon le journal Le Soir. La nouvelle version a été soumise aux autres partis francophones en vue d’une adoption le 8 mai, vingt ans jour pour jour après l’adoption de la dernière mouture de ce texte qui balise le comportement des partis démocratiques à l’égard de l’extrême-droite et qui a été signé par le PS, Ecolo, le MR et le cdH (devenu Les Engagés).

Cette initiative des trois partis a vu le jour après le débat de jeudi dernier dans l’émission Terzake sur la VRT entre MM. Bouchez et Van Grieken, en contradiction avec la Charte de 2002. PS, Ecolo et les Engagés avaient estimé qu’une "ligne rouge avait été franchie" par le chef de fille des libéraux francophones.

Pour l’instant, pas de réponse du PTB et de DéFI

Un code de bonne conduite accompagnera la nouvelle Charte. Il vise notamment des phénomènes nouveaux comme les réseaux sociaux où fleurit la propagande d’extrême-droite. Il est notamment question de refuser tout débat avec représentant d’un parti belge ou étranger qui "manifestement porte des idéologies ou des propositions susceptibles d’attenter aux principes démocratiques qui fondent notre système politique" (sont explicitement visés les "idéologies d’extrême droite, nationalistes, identitaires, racistes ou antisémites"), y compris sur les réseaux sociaux, ou de refuser une interview croisée avec l’un de ses représentants. Sont enfin prônés "le dialogue interculturel entre communautés", "la tolérance et le respect mutuel des opinions, idéaux, cultures et croyances de chacun".

Selon le président du PS, Paul Magnette, le texte a aussi été envoyé au PTB et à DéFI. "Qui, je l’espère, le signeront aussi", a-t-il dit jeudi matin sur les ondes de La Première (RTBF) M. Bouchez a rappelé sur le plateau de la RTBF que c’est son parti lui-même qui a, dès samedi dernier, affirmé qu’il serait bon de revoir la charte et le code de bonne conduite. Dans un communiqué, le MR estimait "nécessaire d’approfondir ces textes en y intégrant les nouvelles menaces qui pèsent sur nos démocraties, à savoir les extrémismes de droite comme de gauche, les radicalismes religieux et les populismes en tout genre". "Il est également utile d’intégrer dans ces textes les nouvelles réalités dues à l’émergence de nouveaux moyens de communication", poursuivait le parti libéral en proposant à l’ensemble des partis démocratiques francophones de travailler en ce sens.

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