La Belgique, plaque tournante pour les énergies fossiles russes

La Belgique reste une vraie plaque tournante pour les énergies fossiles russes, selon Greenpeace qui a décortiqué le dernier rapport du Centre for Research on Energy and Clean Air.

Activistes de Greenpeace à Anvers
© Belga Image

L’organisation environnementale Greenpeace réitère son appel à mettre en place un plan national d’urgence d’économie d’énergie pour réduire notre dépendance énergétique envers Moscou et se rendre ainsi moins "complices des crimes de guerre de Poutine".

D’après le rapport du Centre for Research on Energy and Clean Air (Crea), la Belgique est la septième importatrice mondiale de pétrole et de gaz russes, en raison notamment des importants volumes de gaz fossile liquéfié (GNL) expédiés vers l’Asie.

"Avec des terminaux d’importation à Zeebrugge et Dunkerque, en France, (l’entreprise belge de transport de gaz) Fluxys est même le plus grand importateur de GNL russe au monde", pointe Greenpeace. "Pas moins de 10% de l’ensemble du GNL russe passe par les réservoirs de stockage de Zeebrugge, la quasi-totalité étant destinée à des pays non européens", souligne l’organisation.

Financement de l’invasion russe en Ukraine

Au cours des deux derniers mois, le port nouvellement fusionné d’Anvers-Zeebrugge a été le deuxième port d’importation mondial de combustibles fossiles russes, fait encore remarquer l’organisation. "Seul Rotterdam a fait pire. Zeebrugge a reçu pour 717 millions d’euros de GNL au cours de cette période. Pour Anvers, il s’agit principalement du pétrole ou de produits dérivés, pour une valeur totale de 600 millions d’euros", détaille-t-elle.

La Belgique joue dès lors un rôle important dans la dépendance européenne aux énergies fossiles russes, qui joue elle-même un rôle-clé dans le financement de l’invasion russe en Ukraine, observe Greenpeace. "Tant que nous ne restreindrons pas sérieusement nos importations de pétrole et de gaz russes, notre pays risque de se rendre complice des crimes de guerre de Poutine", met en garde Carine Thibaut, porte-parole de Greenpeace Belgique.

L’organisation appelle donc une nouvelle fois à l’arrêt des importations de combustibles fossiles en provenance de Russie et réitère son plaidoyer pour un plan d’urgence d’économie d’énergie, jusqu’ici resté sans réponse. "Si nos gouvernements ne peuvent pas prendre des mesures drastiques d’économie d’énergie en temps de guerre, de crises climatique et énergétique, quand le pourront-ils?", s’interroge la porte-parole de Greenpeace Belgique.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, le 24 février dernier, Greenpeace a dénombré en Belgique 74 navires transportant du pétrole et du gaz de la Russie, "ce qui représente plus de cinq millions de mètres cubes ou 2.000 piscines olympiques de pétrole et de gaz".

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