La fondatrice du compte Balance ton bar lauréate du prix Amnesty

La nouvelle est tombée mercredi en fin de journée. C’est à Maïté Meeus, fondatrice de la page « Balance ton bar » que la section belge francophone d’Amnesty International a remis ce mercredi le “Prix Amnesty Jeunes des droits humains”.

Balance ton bar
Balance ton bar

Pour la quatrième année, le " Prix Amnesty Jeunes des droits humains " récompense une personne ou un groupe de personnes âgées de 35 ans maximum, vivant en Belgique et étant reconnu pour la qualité de son action en faveur des droits humains.

" Avec #BalanceTonBar, Maïté a voulu libérer la parole des victimes d’agressions sexuelles et leur montrer qu’elles n’étaient pas seules. L’impact a été immense et a contribué à attirer l’attention sur ce fléau qui n’en finit pas de s’abattre sur notre société, explique Marine Jeannin, responsable du Programme Jeunesse de la section belge francophone d’Amnesty International. En la désignant comme lauréate du “Prix Amnesty Jeunes des droits humains”, les militant·es des groupes écoles Amnesty ont voulu récompenser son combat dont il·elles reconnaissent l’importance capitale et qui les concernent au premier chef puisque les jeunes comptent parmi les catégories de population les plus touchées par les violences sexuelles. "

#Balancetonbar

C’était en octobre dernier. Sur les réseaux sociaux, une déferlante de témoignages dénonçait les trop nombreuses agressions dont les femmes étaient victimes dans le milieu de la nuit à Bruxelles. Si c’est d’abord autour de deux bars situés dans le quartier étudiant que les plaintes se concentraient, le mouvement a très rapidement pris de l’ampleur et trouver écho à l’étranger.

Véritable #Metoo du milieu de la nuit, aucun lieu de fête bruxellois ne semble épargné. Et c’est dans un but de libération de la parole que Maïté a créé dans la foulée le compte Instagram " Balance ton bar " où elle récolte de manière anonyme les témoignages de ses consœurs, toutes victimes d’attouchements, de violences et souvent de viol.

" L’impunité dans le monde de la nuit doit cesser ", clame-t-elle auprès de France Info. " Les établissements se dédouanent souvent en disant que ce n’est pas de leur faute, " On brasse tellement de clients ". Mais la vraie question c’est : mettez-vous des choses en place pour protéger vos clientes ? " questionne la jeune activiste.

6 mois après, où en sommes-nous ?

Alors que des nouvelles plaintes continuent d’arriver, que l’usage du GHB aurait été utilisé avant les viols, et malgré plusieurs enquêtes en cours, force est de constater que rien ne semble endiguer le flot incessant de témoignages, dévoilant ainsi un réel problème systémique au sein de notre société.

" Je suis profondément touchée qu’Amnesty m’octroie ce prix. J’ai une pensée pour toutes les personnes qui se sont mobilisées, ont milité et manifesté dans le cadre du mouvement “Balance ton bar”. Merci à toute la jeunesse engagée. Ensemble, nous continuerons à co-créer une société de changement, plus juste et respectueuse de tout un chacun ", a déclaré Maïté Meeus.

Car au fil des témoignages diffusés pour libérer, c’est aussi tout un discours qui se met en place, à travers les commentaires c’est un dialogue qui se crée. Entre prise de conscience, échange et débat c’est un réel changement sociétal qui se tisse. Où chacun est libre de prendre part et de faire bouger les lignes.

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