Les mouvements de jeunesse en manque de 400 à 600 lieux de camps

Les mouvements de jeunesse appellent à la création massive d'endroits de camps et estime avoir la preuve qu'il est possible d'aller dans cette direction.

Veste de scout, à Faimes
Veste de scout, à Faimes (province de Liège) le 7 juillet 2021 @BelgaImage

Face à la pénurie d’endroits de camp qui touche depuis plusieurs années les mouvements de jeunesse, cinq fédérations francophones du secteur appellent mardi autorités publiques et propriétaires privés à "créer et rendre accessible financièrement des lieux de camps" supplémentaires. Il en va "du droit des enfants à jouir de loisirs pédagogiques et abordables" alors que la précarité infantile n’a cessé de croître ces dernières années et que la toute fraîche réforme des rythmes scolaires risque d’accentuer encore un peu plus la pression sur les endroits de camps disponibles, soutiennent-elles dans un communiqué commun.

Un réservoir important inexploité?

"D’ici l’été 2023, il faudra créer entre 400 et 600 endroits de camps supplémentaires", estiment les cinq fédérations de mouvements de jeunesse francophones que sont les Faucons Rouges, les Guides, le Patro, les Scouts ainsi que les Scouts et Guides Pluralistes. "À la veille de changements majeurs tels que la réforme des rythmes scolaires, il devient impératif de garantir un droit aux loisirs aux 120.000 membres des mouvements de jeunesse francophones", revendiquent-elles.

Le secteur rappelle qu’à la suite des inondations de l’été dernier, de nombreuses autorités communales et plusieurs propriétaires privés ont fait preuve de souplesse en mettant à la disposition des mouvements de jeunesse leur plaine ou bâtiment en urgence. "Cela prouve bien qu’il existe un important potentiel d’endroits de camps, qui pourraient facilement accueillir des jeunes moyennant certaines aides financières à l’aménagement et une information claire quant aux avantages de devenir un lieu de camp régulier (occupation continue des lieux, rentrées financières non négligeables, échange et partage humains, …)", font valoir les cinq fédérations.

Une pénurie toujours plus grande

D’après leurs estimations, les camps représentent, annuellement, un apport financier de plus de cinq millions d’euros à l’économie wallonne et de quelque quatre millions d’euros au tourisme. Alors que les mouvements de jeunesse ont un succès croissant, la pénurie d’endroits de camp risque pourtant de s’intensifier "en raison des effets conjugués de la crise sanitaire sur les propriétaires et de l’entrée en vigueur de la réforme des rythmes scolaires dès la rentrée scolaire 2022", épinglent-elles.

Bien que soutenu par les cinq fédérations de mouvements de jeunesse, le nouveau calendrier scolaire aura en effet pour conséquence de réduire la période des camps, les hébergements ne pouvant plus être loués autant de fois sur l’été. "Les mouvements de jeunesse craignent dès lors que la compression de la période de camps n’amène les propriétaires à augmenter les tarifs pratiqués afin de maintenir la viabilité de l’activité, ou ne mène à l’arrêt de la mise en location des lieux, faute de rentrées suffisantes", concluent-elles.

Sur le même sujet
Plus d'actualité