Vers un service d’utilité collective en Belgique: en quoi consisterait-il?

Alors que le conflit en Ukraine a profondément bouleversé la situation sécuritaire en Europe, la ministre de la Défense Ludivine Dedonder entend implémenter le service d'utilité collective, créé en 2007.

Ludivine Dedonder et l'armée belge
La ministre de la Défense Ludivine Dedonder face à des soldats. © BelgaImage

Le conflit en Ukraine a remis la question de notre sécurité au devant de la scène. En témoigne le milliard d’euros supplémentaire annoncé fin mars pour la Défense belge sur la période 2022-2024. Une hausse de 10% " qui servira notamment à augmenter le niveau de préparation et de réactivité de la Défense ", expliquait le premier ministre Alexander De Croo. Le retour de la guerre aux portes de l’Europe a, forcément, questionné l’état de notre armée. "Il est clair que nous allons devoir investir davantage dans La Défense pour faire face à une telle situation ", estimait à cet égard le chef du gouvernement fédéral.

En ce compris la question du service militaire en Belgique. Ce dernier a été supprimé en 1992. Si le retour d’un service militaire obligatoire ne semble pas être sur la table, la ministre de la Défense Ludivine Dedonder entend ressusciter le service d’utilité collective. Comme le rappellent nos confrères de la Libre, le "SUC" a été créé en 2007 par l’ancien ministre de la Défense André Flahaut. Avec comme objectif annoncé à l’époque, " développer les potentialités individuelles et collectives ainsi que l’esprit de solidarité ". Ce service n’avait toutefois pas été rendu effectif par le successeur du socialiste, Pieter De Crem (CD&V). Pour sa deuxième année à la tête de La Défense belge, Ludivine Dedonder souhaitait " écrire les bases du service d’utilité collective ", comme elle l’expliquait en janvier dernier à nos confrères de Sudinfo. 

Pour les jeunes, sur base volontaire 

Concrètement, le SUC " n’est pas un service militaire obligatoire ", prévenait Ludivine Dedonder à nos confrères. D’abord parce qu’il se fera sur base volontaire. Le dispositif visera principalement les jeunes, " âgés de 18 à 25 ans et qui sont demandeurs d’emploi ou bénéficiaires d’un revenu d’intégration sociale ", peut-on lire sur le site de la Défense. Ils pourront alors continuer à recevoir leurs allocations, (que ce soit des allocations familiales, de chômage ou d’intégration sociale) " et toucheront aussi une solde nette en complément ". 

" Ils resteront disponibles sur le marché de l’emploi et auront une formation au niveau de la Défense ", précisait la ministre dans les colonnes de Sudinfo. " Leurs tâches seront des missions d’appui qui présentent un intérêt pour la Défense. Et qui ne demandent pas de formation de longue durée. (…) ", développe le cabinet de la ministre dans les colonnes de La Libre. En 2007, le projet d’André Flahaut prévoyait que ces tâches  " seraient d’ordre civil ". Et de préciser: " Il n’est donc pas question que les volontaires soient formés au maniement des armes ou attachés à des fonctions de planification ou de renseignement militaire par exemple ". Les personnes qui suivraient la formation ne seraient ainsi pas considérés comme des militaires ou des agents de l’Etat. Selon la Libre, la durée maximale de ce service d’utilité collective serait d’un an.  Par après, les volontaires pourraient choisir d’intégrer la Défense.

Comme rapportés par nos confrères de la Dernière Heure, le "SUC" devrait être effectif en 2023. Le cadre juridique nécessaire à l’exécution du dispositif est en cours de développement. 

Sur le même sujet
Plus d'actualité