Russophobie en Belgique: "Cette guerre n’est pas celle de tous les Russes"

Malgré leur opposition à la guerre, certains russophones disent subir un sentiment de rejet de la population belge.

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Marche contre l’invasion en Ukraine, à Bruxelles, le 6 mars dernier. © BelgaImage

Relativement discrète, la communauté russe (ou russophone) de Belgique compte quelques milliers de ressortissants. À en croire Unia, les cas de discrimination signalés sont relativement rares. Depuis l’invasion en Ukraine, le racisme antirusse serait toutefois en augmentation. Installée depuis vingt ans en Belgique, Elena Bourenina peut en témoigner. Elle a fondé le 10 mars dernier la page Facebook Stop Hate Russians. Elle y dénonce, la plupart du temps en français, la russophobie, sensibilise les membres à sa ­culture et envoie des messages de paix.

Elena Bourenina milite contre toutes les formes de racisme depuis des années. Son combat en lien avec l’invasion en Ukraine a débuté après le refus de la commune de Couvin d’accueillir le supermarché russe Mere. Le Collège communal n’a pas caché que la décision avait en partie été guidée par des raisons politiques. “Je me réjouissais de l’ouverture de ce magasin, dit Elena Bourenina. Ce qui m’a gênée, c’est que ce débat a été entouré de propos haineux contre les Russes et non pas seulement contre la guerre. Le magasin Mere était un élément déclencheur.

Elle a de la famille et des amis dans son pays natal. Elle connaît également de nombreux russophones belges. “Je suis dans une grande tristesse. J’essaie de faire ce que je peux, je vais donner des cours de français à des Ukrainiens qui arrivent en Belgique. Malgré cela, je me fais insulter. On commence à avoir peur de parler le russe. C’est le cas des Russes, mais aussi des Moldaves, des Ouzbeks…” Elle conclut: “On ne doit pas s’attaquer à la culture, ni au peuple, ni à la langue. Cette guerre n’est pas celle de tous les Russes. Ce n’est pas ma guerre”.

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