#BalanceTonBar: qui est Carl De Moncharline ?

L'ancien patron du Wood, soupçonné d'agressions sexuelles sous soumission chimique, est une figure bien connue à Bruxelles. Portrait.

Carl De Moncharline en 2017
Carl De Moncharline, en 2017. (@Belga Image)

L’émission s’intitule #Investigation. C’est suite au scandale de viols et agressions sexuelles répétées dans deux bars du Cimetière d’Ixelles à l’automne dernier que l’équipe de la RTBF s’est lancée dans une enquête. Rebondissant ainsi sur le mouvement citoyen #BalanceTonBar, l’investigation de la chaîne publique a mis un nouveau nom en lumière, celui de Carl De Moncharline, une figure bien connue de la nuit bruxelloise.

Accusé par plusieurs personnes d’agressions sexuelles sous soumission chimique (en droguant des personnes à leur insu, donc), Carl De Moncharline avait déjà été entendu pour des faits similaires à ceux relatés par la RTBF. C’était il y a un an. Plusieurs plaintes ont déjà été déposées contre lui. Les témoignages relatent en tout cas un même modus operandi : des connaissances du patron du Wood droguées à leur insu avant d’être emmenée à l’étage du haut. Carl De Moncharline dément tout cela et a lui-même porté plainte pour diffamation. Mais qui est-il ?

Mondain au carnet d’adresses sans fin

Carl De Moncharline est né Carl De Rijck. Ce quinca bien avancé est un self-made man, un mondain qui s’est construit un carnet d’adresses en côtoyant les mondes de la pub, de l’événementiel, de la mode et de la nuit. Sous la bannière CDM, il est aujourd’hui consultant en stratégie marketing et communication pour des grandes marques. Comme il est écrit sur le site web de sa société : " Le coeur de notre travail est très simple : construire une image pour les marques et les entreprises en motivant et mobilisant leur public ". Pour cela, il bénéficie d’un savoir-faire certain dans l’organisation d’événements.

Parti de rien, Carl De Moncharline fait un premier buzz en 1989 sous la forme d’une campagne de pub contre la pollution et l’absence de poubelles à Bruxelles. Partout dans la ville, il colle des stickers " Barbares, changez ! " Repéré par l’agence de com’ KCC (K Com Communication), celle-ci lui demande de reprendre la gestion du club Mirano pour lui offrir un coup de jeune.

Who’s Who’s socialiste

C’est lui qui a l’idée de placer une piste tournante au centre de la salle. Il y organisera nombre de soirées comme les " Who’s Who’s ", concept qu’il exportera par la suite dans son propre club le " Who’s Who’s Land ", club qui allait devenir the place to be pour les fêtards excentriques au milieu des années 90. Il y fera quelques très jolis coups, comme la venue de Prince en after, pas moins.

Le PS bruxellois le dégote alors pour donner une image plus dynamique de la capitale. On lui doit nombre d’événements qui ont égayé la Bruxelles : Roller Parade, Fiesta Latina, Nuits Blanches, Truc-Troc, Fête du Progrès… Il devient celui qui redore l’image socialiste en même temps que celle de la capitale.

Du Wood à l’Impérial

En 2009, il s’offre un petit cadeau : le Wood, boîte de nuit située au Bois de la Cambre dont il est le patron. Des soirées au son house dans un endroit façon " cabin in the hood " qui, si on se tient aux témoignages, se transformera en cauchemar pour pas mal de client.es…

Après la fermeture du Wood en 2016, Carl De Moncharline lance le bar chic Impérial dans le quartier du Sablon en parallèle de son boulot de consultance marketing. En 2021, il porte plainte contre l’Etat belge au sujet des mesures de lutte contre le coronavirus qui paralysent le secteur événementiel. Pourtant, sur sa page LinkedIn, il se dit " Covid-pragmatique… dans aucun camp ".

Figure mondaine, self-made man, il a durant la pandémie beaucoup pris la parole pour défendre le secteur de la nuit… Lequel se serait bien passé de cette nouvelle (mauvaise) publicité.

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