Jusqu’où ira la vague actuelle de Covid-19?

Des projections permettent d'imaginer où devrait se situer le pic de la nouvelle vague de coronavirus, malgré un certain flou dû à quelques inconnues.

Patient Covid en soins intensifs à Liège
Patient Covid en soins intensifs à l’hôpital de la Citadelle à Liège, le 21 décembre 2021 @BelgaImage

Ce 29 mars, les chiffres du Covid-19 en Belgique sont encore dans le rouge. L’Institut de santé Sciensano recense une augmentation de 11% des contaminations quotidiennes, de 20% des nouvelles hospitalisations et de 12% des décès. Seuls les soins intensifs continuent à se vider (-5%) mais si l’épidémie continue de progresser, il n’est pas impossible que cet indicateur reparte aussi à la hausse. Tout va dépendre de la suite de cette nouvelle vague. Pour savoir ce qu’il en sera, nous disposons d’un outil: les projections du consortium SIMID, géré par les universités d’Anvers et d’Hasselt.

La difficulté d’avoir des projections précises

Les dernières modélisations en date ont été réalisées le mois passé, lorsque la précédente vague de coronavirus était en chute libre. Les chercheurs savaient alors déjà que les chiffres réaugmenteraient durant le printemps. La question, c’était de savoir quand. Trois scénarios avaient alors été imaginés: une reprise des contaminations dès la mi-février, dès le 1er mars et dès le mois de mai (autrement dit après les vacances de Pâques). Finalement, c’est le deuxième qui s’est réalisé.

C’est là que les choses se compliquent pour les projections. Prédire la suite s’annonce assez compliqué dans le contexte actuel, notamment pour prévoir le timing exact de la vague, et ce pour plusieurs raisons. S’il était attendu qu’Omicron soit ultradominant, il y avait des doutes sur l’effet précis qu’il aurait sur cette nouvelle vague (vu que la précédente était encore influencée par Delta). Il fallait aussi voir comment allait réagir le vaccin anti-Covid face à ce variant. Les modélisations ont gardé l’hypothèse d’une haute efficacité de celui-ci à travers le temps. Depuis, les centres de contrôles des maladies (CDC) américains ont montré que la troisième dose gardait une grande protection contre Omicron mais avec un certain déclin. Quatre mois après cette injection, l’efficacité passait ainsi de 91% à 78% pour le risque d’hospitalisations et de 87% à 66% pour le risque de finir aux urgences. Attention toutefois: les CDC précisent que leurs propres chiffres sont "imprécis" du fait d’un nombre limité de participants à l’étude.

Un pic bien moins haut qu’en janvier

Malgré ces incertitudes, le consortium SIMID a imaginé le scénario suivant. La hauteur de cette nouvelle vague serait bien inférieure à celle de l’hiver dernier. Le pic pourrait ainsi monter jusqu’à 30.000 infections (voire quasi 40.000) quotidiennes selon le pire des cas. Pour l’instant, la moyenne hebdomadaire tourne autour des 11.000 cas quotidiens, avec près de 25.000 ce lundi (en partie du fait que les contaminations du week-end n’ont souvent pas été comptabilisées à ce moment-là). Il y aurait donc encore une marge de progression mais cela n’est rien comparé aux chiffres de fin janvier dernier, quand il y avait une moyenne entre 50.000 et 60.000 cas sur une moyenne hebdomadaire (voire plus de 100.000 certains jours).

Lorsqu’elle a été réalisée, la projection imaginait une vague rapide avec un summum dès la mi-mars. Finalement, la montée a été plus lente et continue encore aujourd’hui. Il est donc assez difficile de dire quand cette hausse finira exactement. Une note positive vient toutefois éclaircir le tableau sur ce point: l’augmentation des contaminations tend à ralentir. Il y a une semaine, celle-ci était de 25%. Ce mardi, elle est de 11%. Si cette tendance continue, le pic pourrait lentement mais sûrement arriver à l’horizon.

Enfin, qu’en serait-il pour les hospitalisations? À l’instar des vagues précédentes, le pic est ici prévu une ou deux semaines après celui des infections pour les admissions quotidiennes et un demi-mois après pour les lits occupés en hôpital. Une hausse n’était pas non plus exclue en soins intensifs, avec une correspondance entre le pic des contaminations et l’augmentation de l’occupation des lits dans ce type de service. Mais dans tous les cas, cette reprise resterait limitée: entre le tiers et la moitié des chiffres de janvier.

Et puis, quid de la suite? Selon les projections du consortium, il y aurait une décrue plus ou moins lente mais continue de l’épidémie jusqu’en juin, lorsque les prévisions s’arrêtent. À noter toutefois qu’un des scénarios n’écarte pas une reprise (encore une fois mineure) en mai mais celui-ci faisait comme si le Covid-19 ne reprenait pas du poil de la bête en mars-avril. Puisque finalement, le coronavirus a repointé le bout de son nez avant, l’immunité naturelle devrait logiquement aider à contrer l’éventualité d’une vague à la fin du printemps.

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