Baromètre Covid: un retour au code orange est-il à craindre?

La nouvelle augmentation des chiffres du Covid-19 repose la question du code couleur du baromètre à adopter. Certains signaux sont rassurants, d'autres pas.

Code orange lors du Codeco
Codeco du 11 février, avec le baromètre en code orange en arrière-plan @BelgaImage

Depuis le 7 mars, les Belges profitent enfin du relâchement des mesures sanitaires grâce à l’entrée en vigueur du code jaune du baromètre corona. Mais ces derniers jours, le Covid-19 a regagné du terrain. Certains indicateurs épidémiologiques sont en augmentation, voire en forte hausse. Cette évolution est logique et attendue vu l’abandon du masque (sauf dans les transports et les établissements de soin), du CST, etc. Il y a deux semaines, parler d’un retour au code orange n’était pas d’actualité. Aujourd’hui, la pression se fait plus forte, notamment au vu des critères établis pour le baromètre.

Peu de lits en soins intensifs mais beaucoup d’hospitalisations

Pour édicter le code couleur en vigueur, les autorités ont décidé de se référer essentiellement à deux critères: le nombre d’hospitalisations par jour et l’occupation des soins intensifs (SI). Pour rester en jaune, ces chiffres doivent être respectivement de moins de 65 entrées et de moins de 300 lits SI. Pour les soins intensifs, pas de souci en vue pour l’instant: la baisse se poursuit malgré la reprise de l’épidémie, même si elle est très faible (-3% sur une moyenne hebdomadaire), et est établie ce vendredi 25 mars à 168 lits occupés.

Là où cela se complique, c’est du côté des hospitalisations par jour. Entre le 18 et le 24 mars, le nombre d’admissions a grimpé de 16% pour atteindre le chiffre de 189,1. Cela dépasse de loin le critère du code jaune. Pire: même le code rouge est atteint puisque la barre des 150 hospitalisations a été franchie.

Les autorités dans une position inconfortable

La Belgique se retrouve donc aujourd’hui dans une situation paradoxale. Alors qu’un de ses critères épidémiologiques est clairement dans le jaune, l’autre est dans le rouge. Pour trancher, le baromètre ne donne qu’un autre indicateur: la tendance des chiffres. Le problème, c’est qu’il est assez subjectif puisqu’aucune limite claire n’a été établie à ce niveau. Auparavant, c’est cette marge de manœuvre assez floue qui avait permis à l’exécutif d’édicter le passage au code orange puis jaune avant même que les critères du baromètre corona soient tous remplis.

Aujourd’hui, la question se pose en sens inverse: jusqu’où le gouvernement peut-il maintenir le code jaune et ainsi éviter le retour des masques et du CST? "C’est une bonne question, qui se pose même au sein du GEMS", avoue Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral Covid-19. "On pourrait se dire qu’avec un critère jaune et un autre rouge, on mélange les deux et cela fait de l’orange. Ceci étant, c’est au politique de voir. Ce n’est pas pour rien si les autorités prennent leur temps avant de convoquer un nouveau Codeco, qui devait avoir lieu le 25 mars à la base. C’est pour avoir une meilleure idée de l’impact de cette remontée du Covid-19".

Pas de panique à bord a priori

Le prochain Codeco, qui pourrait avoir lieu après Pâques, sera donc crucial pour estimer s’il faut passer en code orange ou pas. Mais de l’avis personnel d’Yves Van Laethem, il vaut mieux miser sur "une certaine constance" en gardant le code jaune, surtout qu’il n’y a pas de risque majeur à l’horizon pour le système de santé. "Il ne devrait pas y avoir de décrochage ni des décès, ni des soins intensifs, même s’il faut rappeler que 19 personnes meurent encore chaque jour en Belgique malgré la moins grande létalité du variant Omicron, l’immunité vaccinale et l’immunité héritée des vagues précédentes".

Le virologue se montre d’autant moins inquiet qu’a priori, si les chiffres en soins intensifs remontent dans les semaines à venir, ce ne sera "pas suffisamment" pour passer la fameuse barre des 300 lits du code orange. Or pour lui, ce critère a un poids encore plus grand pour le système de soins de santé que celui des hospitalisations. Une nouvelle hausse en SI est possible mais a priori, elle serait limitée. Une réelle reprise sur ce plan pourrait amener au code orange, comme le confirme Yves Van Laethem. Au contraire, si la situation stagne en SI, "on ne devrait pas retourner" en code orange.

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