Comment lutter contre la récidive au volant ?

Le drame de Strépy-Bracquegnies rappelle le danger que représentent les "pirates de la route".

Strépy Bracquegnies homicide involontaire sécurité routière récidive véhicule vitesse
À Strépy-Bracquegnies, le 20 mars @BELGAIMAGE

À Mons ce mardi, les autorités judiciaires ont confirmé les inculpations des deux personnes qui se trouvaient à bord de la BMW Série 5 qui a percuté un groupe folklorique dimanche matin à Strépy-Bracquegnies. Un drame qui a fait 6 morts et 27 blessés, dont 10 dans un état grave. Initialement, l’information judiciaire portait sur des faits de meurtre ; le conducteur du véhicule a finalement été inculpé mardi d’homicides involontaires et de coups et blessures involontaires. Il a été placé sous mandat d’arrêt et incarcéré à la prison de Tournai. Le passager du véhicule a lui été inculpé de non-assistance à personne en danger.

Le conducteur était connu de la justice pour des faits de roulage remontant à 5 ans.  " Effectivement, il a un antécédent spécifique. C’est un monsieur qui aime beaucoup la vitesse, beaucoup les voitures et qui se met en scène dans des vidéos. Cela ne jouera pas en sa faveur ", commentait Thierry Belin, secrétaire national du SNPS Police au micro de DH Radio.

Mais comme le rappelait le syndicaliste, on ne peut légalement pas parler de " récidive " dans son cas puisque les faits datent d’il y a plus de cinq ans.  Toutefois, " le juge en tiendra compte au moment de rendre son verdict ", ajoutait Christian Henri, Procureur du Roi du parquet de Mons.

Renforcer la sensibilisation

Lundi matin, la ministre wallonne de la Sécurité routière, Valérie De Bue (MR) notait elle-aussi que " les réseaux sociaux des occupants de la voiture semblent montrer sans équivoque qu’ils ont des comportements extrêmement graves et déviants en matière de vitesse et de sécurité routière. Il faut intensifier le combat contre les pirates de la route " ajoutait-elle.

De son côté, le ministre fédéral de la mobilité, Georges Gilkinet (Ecolo) a mis en avant des pistes pour lutter plus efficacement contre la récidive au volant. " Une minorité de conducteurs ont un comportement qui met les autres usagers systématiquement en danger. Ils doivent pouvoir être identifiés et faire l’objet d’un suivi et de mesures adéquates ", expliquait-t-il à Sudinfo.

Le ministre disait privilégier le suivi et la formation des récidivistes pour une " réelle prise de conscience et un changement durable de comportement ". Et évoquait notamment une formation éducative et de sensibilisation obligatoire en cas de déchéance du droit de conduire, en lieu et place des examens de repassage théorique et pratique, pour " canaliser les comportements dangereux ".

Un parquet national en cours de formation

Vincent Van Quickenborne (Open VLD), le ministre de la Justice s’est lui aussi exprimé en marge du drame de Strépy.  " Je n’ai pas attendu ce drame pour me battre pour la sécurité routière, notamment avec mes collègues de la Mobilité et de l’Intérieur. En 2019, avant la pandémie, il y avait 68 personnes tuées sur les autoroutes en Wallonie et 50 en Flandre. On a donc décidé de créer un parquet national pour la sécurité routière, pour avoir des règles qui valent pour tout le territoire ", a-t-il rappelé au micro de la Première.

Vincent Van Quickenborne a assuré que les recrutements pour soutenir ce parquet étaient en cours. " Le parquet national que l’on va créer va décharger les parquets locaux des petites infractions, et en même temps, les parquets et tribunaux locaux de police seront renforcés : 86 personnes seront engagées ".

Le ministre a également rappelé sa volonté de réduire progressivement les marges de tolérance et les quotas en matière d’excès de vitesse. " Il faut savoir qu’une personne qui réalise des vidéos de son comportement dangereux au volant peut être sanctionnée. Il faut que la police et le parquet veillent plus systématiquement sur internet ", a-t-il également mis en avant.

Sur le même sujet
Plus d'actualité