Deux ans de Covid: "La vérité d’hier n’était pas forcément celle de demain"

Le porte-parole interfédéral Covid-19 Yves Van Laethem et la ministre wallonne de la Santé Christie Morreale font le bilan deux ans après le premier confinement.

christie morreale
Christie Morreale. © BelgaImage

Cela fait deux ans que le coronavirus est entré dans notre quotidien. Alors que nous commençons à retrouver une vie " normale ", peut-on estimer que la crise est derrière nous ? Du côté politique, on estime avoir passé un cap. " On ferme la parenthèse de deux ans de crise majeure. On n’en est pas encore débarrassé, mais l’on connait mieux ce virus que l’on peut mieux maîtriser ", a expliqué Christie Morreale, ministre wallonne de la Santé.

Suite aux assouplissements des mesures sanitaires, le nombre de nouvelles infections stagne et a même tendance à augmenter, un phénomène normal pour le professeur Van Laethem. " Dans notre pays, comme dans les autres nations occidentales, on aperçoit une remontée des cas liée au retour des contacts sociaux plus fréquents ", démontre-t-il.

Avec une situation sous contrôle, le gouvernement a décidé de ne plus faire appel au GEMS, une décision que comprend Yves Van Laethem. " Je pense qu’en tant que formation permanente nous n’avons plus tout à fait notre place. Mais quelque chose, que ce soit le GEMS ou autre chose, qui sera prêt à être mis en place, si la crise reprend de plus de belle, comme c’est possiblement le cas à l’automne prochain. "

Avec 30.000 morts au compteur de la Belgique, y a-t-il des mesures que le monde des experts regrette ? Une en particulier selon le docteur Van Laethem. " Le groupe d’experts s’est la plupart du temps toujours bien entendu. La seule mesure sur laquelle on aurait pu plus insister est celle du port du masque. On aurait pu diminuer la courbe de certains pics. "

A l’époque de l’arrivée du coronavirus, le masque faisait débat. La ministre wallonne de la Santé s’en souvient. " Je me rappelle que l’OMS notamment déconseillait le port du masque, alors qu’aujourd’hui c’est insensé de le penser. On manquait cruellement de connaissances du virus. La vérité d’hier n’était pas forcément celle de demain. "

La vaccination persistera ?

Alors que certains profils de personnes entament leur 4ème dose de protection face au virus, qui serait concerné par une 4ème dose dans les mois à venir ? " Pour le moment, la quatrième dose ne concerne que les immunodéprimés. En ce qui concerne le mois de septembre, on repartirait sur une base de quatrième dose pour l’ensemble de la population, en commençant par les personnes âgées et en descendant petit à petit l’âge et les différents métiers prioritaires ", explique la ministre wallonne.

On a prévu 5 scénarios. Il va être possible pour les gens de se faire vacciner dans des centres de vaccination mais également chez les médecins généralistes ainsi que dans certaines pharmacies ", indique-t-elle.

Suite à ces nombreuses vagues, une partie des travailleurs de la santé ont abandonné le secteur. Comment aborder le futur de ces métiers indispensables, où il est de plus en plus difficile à recruter ? " Si sixième vague il y a, on n’aura pas le temps de revoir le système de santé avant cela. Il faut améliorer le recrutement, améliorer la qualification ainsi que la rémunération de nombreux métiers de la profession médicale. Il faut aussi prévoir des plans pour d’autres grandes pathologies qui arriveront un jour ou l’autre ", prédit Yves Van Laethem.

Le coronavirus n’a pas inventé la situation difficile que vivent les infirmières. " Avant la crise pandémique, une partie des infirmières quittaient leur travail après 5 ans ", explique l’expert.

De son côté, la ministre wallonne adhère à l’idée de distribuer plus de numéros INAMI aux médecins car de nombreuses zones belges souffrent d’un manque de médecins généralistes.

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