Pourquoi le cdH est-il devenu Les Engagés?

Samedi, le cdH s’est offert un relooking en devenant Les Engagés. Nouveau projet, nouvel habillage et nouveau nom. Quel intérêt derrière ce coup de com? Éléments de réponse.

Logo Les Engagés, nouveau nom du cdH
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Elles semblent déjà loin les racines chrétiennes du parti centriste francophone. En 1884, le Parti catholique nait et domine le pays. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il devient le Parti social-chrétien. Jusque-là, pas de grande innovation. Il faudra attendre l’arrivée du cdH pour bousculer les fondements du parti.

Le cdH, un succès mitigé

En 2002, Joëlle Milquet prend les choses en main. L’heure du changement est venu. Le poussiéreux Parti social-chrétien se mue en Centre démocrate humaniste (cdH). Plus qu’un simple changement de nom, une révolution. La référence chrétienne disparait.

L’objectif est clair: élargir l’électorat. Un succès en demi-teinte. Lors des élections législatives de 2003, le cdH ne remporte que huit sièges à la Chambre. Par contre, il est de retour au pouvoir en 2004 en Wallonie, à Bruxelles et à la Communauté française (actuelle Fédération Wallonie-Bruxelles). En 2007, les humanistes-centristes remportent deux sièges supplémentaires à la Chambre et intègrent le gouvernement. Mais dès 2010, malgré son ralliement au gouvernement Di Rupo, le cdH perd à nouveau des plumes. Il rebascule dans l’opposition en 2014 et poursuit son déclin en 2019 avec seulement cinq sièges.

Le cdH a voulu se débarrasser de son étiquette conservatrice. Mais elle a refait surface sur certains dossiers. En 2002, le parti se prononce contre une proposition de loi de dépénalisation partielle de l’euthanasie. L’année d’après, il s’oppose à la proposition de loi " ouvrant le mariage à des personnes de même sexe ". Et en 2006, il refuse certaines dispositions du code civil en vue de permettre l’adoption par des personnes de même sexe. Avec ces casseroles, électorales et sociétales, un nettoyage de printemps (encore un) est devenu primordial.

Les Engagés, dans l’air du temps

Vingt ans après l’avènement du cdH, le parti subi une nouvelle transformation et devient Les Engagés. Le " mouvement participatif et citoyen " semble vouloir définitivement faire table rase de ses racines conservatrices pour devenir " résolument centriste et progressiste ", comme l’a affirmé Maxime Prévot, président du parti dont le mandat sera remis en jeu d’ici l’été.

Les Engagés fait le plein de nouveautés dans l’air du temps. L’opération séduction de la population est lancée. Dans la forme d’abord. Dans son logo, " engagées " s’écrit au féminin avec un " e " subtilement coupé en deux, une astuce permettant de jouer avec l’écriture inclusive. " Ses deux E entrecroisés s’emboitent et font cause commune, rappelant l’importance des liens et de la dimension participative au cœur de notre Mouvement, tout autant que l’inclusivité et le combat pour l’égalité des genres ", explique leur site. Le turquoise symbolise l’apaisement et l’innovation. " Le turquoise évoque le changement, le renouveau, l’évolution, la transformation. "

Sur le fond, Les Engagés propose un programme alléchant mais dont la faisabilité reste à prouver. Il rêve d’un revenu de 600 euros " pour tous " et d’une pension minimum de 1.500 euros. Il ambitionne de revaloriser l’enseignement et les soins de santé. Il veut s’attaquer à la criminalité financière au profit de la classe moyenne.

Bref, Les Engagés s’érige comme une équipe de justiciers qui, grâce à sa combinaison flambant neuve, tente de renouer avec son succès d’antan.

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