Inondations: huit mois après, état des lieux des difficultés au logement

Depuis les inondations de juillet dernier, de nombreux ménages restent sans logement ou avec un gros problème d'accès au mobilier, et ce n'est pas tout.

Dégâts à Pepinster le 27 juillet 2021
Dégâts à Pepinster le 27 juillet 2021 suite aux inondations @BelgaImage

Près de huit mois après les inondations de la mi-juillet, la question prioritaire reste celle du logement. C’est ce qu’a indiqué Jacques Teller, professeur d’urbanisme à l’ULiège et directeur du laboratoire LEMA (Local Environment Management and Analysis), vendredi, lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire consacrée à la catastrophe.

Plusieurs besoins identifiés

Cette dernière avait chargé le laboratoire d’une mission visant notamment à récolter des informations actualisées sur la situation des sinistrés et à analyser le vécu de 19 associations actives sur le terrain. Ce sont les résultats de cette mission que Jacques Teller a présentés aux parlementaires régionaux. "Près de 8 mois après les inondations, la priorité reste celle du logement pour de nombreux ménages. Et pour ceux qui ont retrouvé un toit, c’est la question de l’accès au mobilier qui se pose" avec des dons qui sont arrivés trop tôt, à une époque où les sinistrés étaient encore en train de déblayer, a-t-il expliqué.

Autres besoins identifiés: le soutien administratif et juridique ainsi qu’une aide psychologique "de plus en plus nécessaire". "Face à l’urgence, la population n’avait pas la tête à se préoccuper de ça. C’est maintenant qu’il faudrait intervenir sur ce plan", a poursuivi Jacques Teller. "Le fait que des besoins de base n’aient pas encore trouvé de réponse sape le moral de beaucoup de gens", a-t-il ajouté.

"Un certain manque de considération"

Mais qu’attendent exactement les associations de la part de la commission d’enquête, se sont interrogés plusieurs députés? "Avant tout une reconnaissance de la catastrophe et du rôle joué par les volontaires", leur a répondu le directeur du laboratoire. "Elles se demandent ce qui a été fait par le collectif et ont l’impression de se battre contre une machine administrative sans reconnaissance. On sent une souffrance par rapport à un certain manque de considération. Je crois que vous devrez travailler à quelque chose de l’ordre du devoir de mémoire pour que les victimes puissent passer à autre chose", a-t-il expliqué.

Par ailleurs, "les associations veulent aussi savoir ce qui sera fait pour que ça ne se reproduise plus. Pour elles, c’est plus important que les explications sur la gestion des inondations", a enfin souligné M. Teller dont le témoignage ce vendredi clôt définitivement les auditions de la commission d’enquête parlementaire qui avaient débuté au tout début du mois de septembre. Ses conclusions sont attendues pour le 25 mars avant d’être soumises au vote de la plénière du parlement avant les vacances de printemps.

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