La ministre de l’Énergie plaide pour une accélération inédite du renouvelable

Les écologistes, dont la ministre de l'Énergie, présentent un plan pour baisser la dépendance aux énergies fossiles et au nucléaire via le renouvelable.

Énergie renouvelable à Boulogne-sur-Mer
Illustration de l’énergie éolienne et solaire, à Boulogne-sur-Mer, le 24 janvier 2022 @BelgaImage

La ministre de l’Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen), et plus largement les écologistes, plaide pour une avancée énergétique via un accord global majeur du gouvernement fédéral avec trois piliers: un troisième paquet de soutien pour alléger immédiatement la facture, une solide accélération de la transition énergétique et le calendrier éventuel de la sortie du nucléaire. Les trois éléments sont un et indivisibles, souligne-t-elle lundi. Dans Le Soir, le co-président d’Ecolo, Jean-Marc Nollet, évoque aussi une adaptation de la position d’Ecolo sur la prolongation de deux réacteurs nucléaires au-delà de 2025.

"Notre portefeuille vidé par la dépendance à l’étranger"

La hausse des prix de l’énergie et l’invasion de l’Ukraine démontrent que la Belgique doit prendre en mains son approvisionnement en énergie en accélérant sa transition vers les énergies renouvelables. "Nous renforcerons notre indépendance énergétique et nous pourrons mieux protéger les gens contre les prix élevés. C’est justement parce que nous sommes dépendants des énergies fossiles que nous devons payer autant. Notre économie et notre portefeuille sont vidés par la dépendance à l’étranger", a déclaré la ministre Van der Straeten, alors que les prix du pétrole ont atteint leur plus haut niveau depuis 2008.

Pour réduire la facture, les écologistes mettent en avant des mesures qui ont un impact direct comme une diminution de la TVA à 6% et un élargissement du tarif social de l’énergie qui serait structurel. Mme Van der Straeten répète qu’elle examine le dossier de la sortie du nucléaire de manière ouverte, en intégrant l’impact de la guerre en Ukraine, qu’il s’agisse aussi bien du plan A (sortie définitive du nucléaire en 2025) que du plan B (prolongation de deux réacteurs) dont elle prépare les "reassessment". "Le plan A est prêt juridiquement et techniquement, mais il doit être analysé complémentairement sur le plan de l’indépendance énergétique", a-t-elle ajouté. "Le gouvernement décidera sur la base de faits. Les plans A et B doivent être examinés de la même manière. Nous le ferons, certainement dans le contexte actuel mais nous attendons des autres qu’ils se prononcent également sans tabou", a-t-elle encore dit.

"Nous refuserons tout ce qui n’accélère pas la transition"

M. Nollet abonde dans ce sens dans Le Soir, et précise que si le plan B (la prolongation du nucléaire) "n’était pas un tabou avant la guerre en Ukraine, il ne va pas plus le devenir depuis". Il précise que son parti souhaite que la réévaluation soit réalisée "avec un regard ouvert et de la même manière pour le plan A que pour le plan B. Nous ne nous accrocherons pas à la hiérarchie qui a été définie dans l’accord de gouvernement et confirmée lors de l’accord de décembre. Mais nous refuserons tout ce qui n’accélère pas la transition, ne renforce pas notre indépendance énergétique et ne permet pas une meilleure maîtrise des coûts".

Des jours cruciaux commencent pour le gouvernement Vivaldi qui, d’ici le 18 mars, doit se prononcer définitivement sur la sortie du nucléaire. M.Nollet assure toutefois ne pas se "braquer" sur cette date: "Il faut laisser au moins quelques jours pour voir si on a les réponses. J’y vais avec un regard ouvert sur le calendrier, mais ne traînons pas", assure à cet égard l’écologiste francophone.

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