Theo Francken: "L’armée belge n’est pas assez performante"

Le député N-VA Theo Francken et Dimitry Modaert, président du syndicat militaire SLFP, reviennent sur le déploiement de militaires belges en Roumanie, aux frontières de l'Otan.

Theo Francken
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Cela fait maintenant une semaine que la Russie a envahi l’Ukraine et les combats font toujours rage dans plusieurs villes ukrainiennes et aux abords de Kiev. La Belgique va envoyer 300 militaires en Roumanie, en plus de matériel. Sur DH Radio, Theo Francken a commencé par souligner le caractère inédit de cette opération. " C’est la première fois qu’on se déploie en Roumanie. Nous sommes déjà présents dans les pays Baltes, mais c’est la première fois qu’on se déploie aux frontières sud-est de l’OTAN. "

Pour le nationaliste flamand, c’est un signal fort envoyé à la Russie. " C’est pour se montrer fort vis à vis de la Russie, on défend notre frontière (de l’OTAN ndlr). C’est une déclaration de guerre qu’a envoyée la Russie et ça va être la guerre ".

Du côté des effectifs, c’est " le premier troisième lancier " qui sera de la partie, indique Dimitry Modaert. " Mais un tel détachement doit être inter armes, donc on retrouve du personnel logistique, de transmission et du génie, qui sont nécessaires et qui représentent une grande partie de ce détachement. "

Si ce déploiement est rapide et inédit pour nos militaires belges, le président du SLFP assure que le personnel est prêt : " C’est une première mais il y a eu plus d’un an de certification pour s’assurer que le personnel soit prêt. Il y a une grande motivation avec un personnel plus jeune qui a des attentes pour bien faire au niveau de la sécurité européenne. "

Toutefois, le CGPM, un autre syndicat militaire, pointait le manque d’équipements, fourni à nos soldats pour cette mission. Ce que partage Theo Francken. " On a fait des promesses de fournir des carabines et des lance-roquettes à l’armée ukrainienne. Mais c’est clair que je pense que nous avons besoin de plus pour nos troupes en Roumanie. "

Réinvestir dans l’armée

L’armée belge n’est pas assez performante ", assène-t-il. " Ils (les soldats ndlr) font tout ce qu’ils peuvent mais à un moment donné on touche le bout. On doit investir et chercher des armes et des munitions pour nos soldats aussi. " Theo Francken compte d’ailleurs interpeller le Premier ministre sur le sujet à la Chambre ce mercredi. " Je pense que c’est nécessaire, pour le court terme, de faire une réunion avec la ministre Debonder, le ministre-président wallon di Rupo et la défense, car on a besoin d’armes et de munitions le plus vite possible. " Sur le long terme, c’est fondamental de réinvestir dans l’armée belge ", plaide-t-il aussi par ailleurs.

Face à la Russie nos troupes sont-elles vraiment sous équipées? Dimitry Modaert se montre plus nuancé. " On n’est pas assez équipés, certainement par rapport au budget octroyé. Sur la polémique, je ne suis pas du tout preneur, même si certaines problématiques sont mises en évidence. L’essentiel c’est d’abord la sécurité des troupes vis à vis d’un éventuel ennemi donc je pense qu’il y a une prise de responsabilité politique et de l’état major mais il faut être très prudent avant de palabrer dans la presse. "

Pour le syndicaliste, il faut d’abord déterminer ce que veut la Défense : " L’approche doit être constructive. Il faut partir du niveau d’ambition, que veut-on faire avec notre défense au niveau national et niveau dual avec l’aide à la nation ". Avant décider des investissements, l’armée doit spécifier ses missions. " Le but n’est pas de faire le commerce de la guerre, de balancer de l’argent pour arriver à un certain pourcentage (d’investissement ndlr). C’est de savoir à quel niveau d’ambition on veut arriver et, de là, découle les nécessités de personnels, de matériel et d’infrastructures. Les plans de recrutement et de d’achat de matériel ne se font pas en un claquement de doigts ", insiste-t-il.

Une vision appuyée par Theo Francken. " C’est nécessaire d’avoir une vision stratégique, et elle est en train de se construire ", rappelle le flamand.

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