Que prévoient les tendances saisonnières pour ce printemps?

Si elles ne sont qu'hypothétiques, les prévisions pour le printemps s'annoncent bonnes avec «un scénario anticyclonique plus développé que la normale».

Un champ de colza
Illustration d’un champ de colza en fleurs @BelgaImage

La période de mars à mai devrait être plus chaude et plus sèche que la normale. C’est ce que révèlent les tendances climatiques de Météo-France présentées ce mardi pour l’Hexagone, vers lesquelles l’Institut royal météorologique (IRM) belge redirige pour ce type de prévision. Si cela venait à se confirmer, ce beau temps pourrait poser des problèmes de sécheresse des sols dans les régions françaises ayant déjà subi un hiver sec.

Un "scénario chaud" probable à 70%

Météo-France a présenté les tendances climatiques pour les mois de mars à mai, qui se distinguent des prévisions météorologiques. Elles s’efforcent "de déterminer les tendances attendues en moyenne sur le trimestre", sans permettre "de prévoir le détail des conditions météorologiques des prochains mois jour par jour ou même semaine par semaine".

"Le scénario qui s’annonce le plus probable pour l’Europe et l’Atlantique est un scénario anticyclonique plus développé que la normale", indique Jean-Michel Soubeyroux, de Météo-France. Concernant les températures, "le scénario chaud est le plus probable", avec une probabilité de 70%, ainsi que le "scénario sec" en termes de précipitations, avec une probabilité de 50%.

"Nous sommes dans un contexte d’amorce de sécheresse des sols", avertit le climatologue, ce qui pourrait être un sujet d’inquiétude pour des secteurs d’activité comme l’agriculture. "Le fait d’avoir des précipitations dans les prochaines semaines sera essentiel pour éviter d’avoir une sécheresse des sols importante", explique-t-il. "Un printemps chaud et sec ne présage pas des conditions à venir pour l’été", précise encore Jean-Michel Soubeyroux.

Un hiver parfois trop sec en France…

L’hiver météorologique, qui s’étend du 1er décembre au 28 février, "a été dominé par un anticyclone persistant" en France, indique Jean-Michel Soubeyroux, lors d’un point de presse en ligne. Cet hiver "a été majoritairement doux, sec et pluvieux, plutôt ensoleillé selon les régions", avec des températures "supérieures de 1,2°C en moyenne" par rapport aux normales saisonnières, voire de 2°C dans les Hauts-de-France et en Alsace, a-t-il détaillé.

L’ensoleillement a été excédentaire au niveau national, en particulier sur la moitié sud, selon le bilan de Météo-France. La période a été également marquée par un déficit en précipitations, de 10% au niveau national et jusqu’à 50% localement sur l’arc méditerranéen, poursuit le climatologue, avec "une amorce de sécheresse dans certaines régions depuis le début de l’année". Le déficit de précipitations en janvier et février concerne l’arc méditerranéen mais également "le Centre Val de Loire et le nord de l’Aquitaine", précise-t-il.

…mais humide en Belgique

En Belgique, l’hiver 2021-2022 fut plutôt chaud et humide, selon le bilan publié mardi par l’Institut royal météorologique (IRM). Plus chaud que la normale (5,5°C, la normale est à 4,1°C), et plus humide, puisqu’en décembre et février, il est tombé plus de précipitations que la normale, tandis que janvier en comptabilisait juste un peu moins.

Les quantités régionales moyennes de précipitations ont oscillé autour des valeurs normales et ont varié d’environ 85% de la normale au littoral à environ 135% de la normale dans la région de la Gileppe et de la Warche. La température la plus élevée fut mesurée le 30 décembre (15,8°C à Bassevelde (Assenede) et Brasschaat) et la plus basse une bonne semaine plus tôt, le 22 décembre à Neidingen (Saint Vith) avec -10,9°C.

Les précipitations de l’hiver ont été partiellement ou entièrement constituées de neige pendant 40 jours, note encore l’IRM. Ces précipitations sont tombées principalement dans les Hautes-Fagnes et dans les parties hautes des Ardennes. Au Mont-Rigi (Waimes), la neige est restée plus longtemps. La plus grande épaisseur de neige en Belgique cet hiver y a été mesurée le 9 janvier avec 29 cm.

Décembre et janvier ont été des mois sombres. Comme l’année dernière, le soleil a brillé davantage en février que pendant les deux autres mois d’hiver réunis. Au final, l’hiver dernier a été légèrement plus maussade que la normale à Uccle: 171h52min contre une valeur normale de 180h17min. Décembre et janvier ont été deux mois calmes, tandis que février fut très venteux. La vitesse moyenne du vent à Uccle était juste en dessous de la normale : 3,9 m/s (normale à 4,1m/s). Dans le réseau anémométrique officiel du pays, l’IRM a mesuré des rafales d’au moins 100 km/h (28 m/s) les 18 et 20 février.

Pour ce qui est spécifiquement du mois de février, à Uccle, les températures se sont situées au-dessus de leurs normales respectives durant la majeure partie du mois. L’IRM précise que la température moyenne y a fini bien au-dessus de la normale du mois : 6,6°C (normale à 4,2°C). Les valeurs moyennes mensuelles régionales pour février ont presque toutes été supérieures aux valeurs normales. Elles ont varié entre environ 90% de la normale au littoral à environ 170% de la normale dans la région de la Gileppe et de la Warche. À Uccle, le soleil a brillé pendant 91h39min (normale à 72h54min) en février.

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