Philippe Close à propos du convoi de la liberté: "Bruxelles ne doit pas être prise en otage"

Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close est revenu sur le flop du convoi de la liberté, mais aussi sur le débat autour du Covid Safe Ticket.

Philippe Close
Philippe Close. © BelgaImage

Finalement, le chaos annoncé n’a pas eu lieu dans la capitale belge ce lundi suite au passage du " convoi de la liberté ". Au lendemain du flop de cette manifestation anti-mesures sanitaires importée du Canada, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close a fait le point au micro de Maxime Binet- sur DH Radio.

On a de la chance d’avoir une police très professionnelle et des corps de police qui collaborent entre eux dans tout le pays. Je suis un grand défenseur de la liberté de manifester et j’ai lutté pour qu’on puisse autoriser des manifestations pendant la pandémie. On a le droit d’être contre, mais pas de bloquer la capitale" , lance Philippe Close.

" Convoi de la liberté ": 62 personnes arrêtées administrativement

Alors que l’autoproclamé " convoi de la liberté " a été phagocyté par des organisations proches de l’extrême droite, il est difficile d’identifier les organisateurs d’un tel mouvement. D’autant plus que ceux-ci ne souhaitent pas assumer leur statut afin de ne pas risquer d’être poursuivis en cas de grabuge.

Un des gros problèmes, c’est que les gens pensent que la liberté de manifester est totale et qu’on peut venir manifester comme on le veut. Mais la constitution belge est claire. Dans l’article 26, il est écrit que le fait de se réunir à l’extérieur est soumis à une autorisation et aux lois de police. Il y a dans ces mouvements une espèce de convergence des luttes. Lors de la manifestation du 23 janvier, qui a dégénéré, on avait l’extrême gauche et l’extrême droite ensemble contre la police et l’Union Européenne. Je souhaite rassurer les gens en leur disant que 99% des manifs à Bruxelles se passent bien. "


Au total, ce sont seulement une cinquantaine de véhicules qui se sont retrouvés sur le parking C du Heysel, ainsi qu’entre 100 et 200 manifestants dans les rues de Bruxelles. Malgré l’échec retentissant de cette manifestation, des manifestants étaient donc bien présents à Bruxelles pour faire entendre leurs revendications. Mais quel était leur profil: des familles, des militants d’extrême gauche ou d’extrême droite, des casseurs?

" On a beaucoup découragé. Nos messages étaient très clairs: on peut venir manifester à Bruxelles, nous sommes la capitale de l’Union Européenne et il faut l’assumer. Mais ce n’est pas pour ça que Bruxelles doit être prise en otage. On a arrêté 62 personnes administrativement, qui avaient des couteaux, des gaz lacrymogènes, des feux d’artifice. La règle est très simple: quand on tombe sur ces objets, les personnes sont arrêtées" , répond fermement Philippe Close.

Quel avenir pour le CST? " Pas un jour de trop "

Pour ce qui est des revendications, il n’y avait pas de réel mot d’ordre entre les anciens gilets jaunes, les antivax et les complotistes. Si les discours sont souvent partis dans toutes les directions, le Covid Safe Ticket (ou pass sanitaire) était particulièrement dans le collimateur des manifestants. Quel est l’avenir du CST en région bruxelloise? Doit-on attendre la mi-mars et le passage en code jaune pour entériner cette mesure décriée?

" Il faut attendre qu’il y ait un consensus belge. Même si on sent bien qu’on sort tout doucement de cette pandémie, il faut être prudent et garder une politique cohérente sur notre territoire. Au niveau de la région, on a intérêt à discuter avec nos collègues wallons et flamands. Mais pour reprendre la formule d’Alexander De Croo: ‘Pas un jour de trop’. Dès qu’on le peut, il faut le faire sauter car son efficacité est quand même en train de diminuer ", avoue le bourgmestre bruxellois.

Face à la frustration d’une partie de la population, Philippe Close souhaite surtout que le Parlement aille au bout de deux débats. Le premier concerne le Covid Safe Ticket – et les règles qui s’appliquent en temps de pandémie – et le second porte sur la vaccination obligatoire, non pas pour l’appliquer immédiatement mais pour " anticiper une prochaine pandémie. "

En tant que bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close gère également quatre hôpitaux et il tient également à adresser un message aux citoyens. " Continuez vos dépistages! Ce qui m’inquiète, c’est que beaucoup de Belges n’ont plus été à l’hôpital et j’ai peur d’une sixième vague qui soit liée à une autre maladie comme le cancer.

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