Quelle évolution pour l’épidémie après la 5e vague ? La réponse d’Emmanuel André

« Il est possible que, pour la première fois, un changement de variant n'entraîne pas une vague exponentielle d'infections importante » à court terme, a jugé le microbiologiste Emmanuel André sur Twitter.

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Alpha, Bêta, Gamma, Delta, Omicron… Le covid-19 finira-t-il par nous rappeler toutes les lettres de l’alphabet grec ? Tous les virus, en ce compris le SARS-CoV-2, mutent en effet avec le temps. Si la plupart n’ont que peu d’incidence, certaines mutations-et c’était le cas des souches citées précédemment- peuvent influer sur les propriétés des virus (sur leur contagiosité, leur sévérité, l’échappement vaccinal, etc.).

Dans le cas qui nous occupe maintenant depuis deux ans, la souche originelle, puis tous les variants successifs, ont fini par être supplantés en Europe par Omicron, plus contagieux, mais qui a eu le bon goût d’être moins virulent…

La 5e vague qui décroit actuellement en Belgique est liée aux versions " BA.1 " et " BA.1.1 " d’Omicron. Depuis plusieurs semaines, un nouveau sous-variant est étudié avec attention : le BA.2, considéré comme encore plus contagieux. Face à cette nouvelle mutation, faut-il craindre une nouvelle vague chez nous? " Par le passé, chaque changement de variant a entraîné une vague d’infections, balisait sur Twitter le microbiologiste de la KULeuven, Emmanuel André. Cela était dû au fait que les variants successifs étaient forts différents les uns des autres (mutations) et que ces changements s’effectuaient à plusieurs mois d’intervalle ".

Pas d’augmentation exponentielle avec BA.2

Or, cette fois-ci, le passage de flambeau entre les sous-variants BA.1 et BA.2 se fait à quelques semaines d’intervalle seulement ; par ailleurs il existe une certaine similarité entre ces mutations, note le chercheur. En plus, l’immunité de la population a été massivement boostée depuis la vague Omicron, que ce soit par l’importance des contaminations ou par l’injection de la dose de rappel.

Voilà pourquoi Emmanuel André s’est montré confiant : "Nous pensons qu’il est possible que, pour la première fois, un changement de variant n’entraîne pas une vague exponentielle d’infections importante. Du moins dans le court terme ". " Cette hypothèse est supportée pour l’instant par le fait que nous n’observons pas à ce stade d’augmentation exponentielle du nombre absolu de tests PCR positifs compatibles avec BA.2. Contrairement à ce que nous avions clairement observé avec BA.1″, a-t-il complété.

L’expert a anticipé plusieurs scenarios pour les prochaines semaines :" On peut s’attendre à ce que BA.2 devienne la souche dominante dans le mois qui vient. On peut aussi s’attendre à ce que les assouplissements des mesures engendrent une augmentation des infections BA.2, car ce variant est pour l’instant stable (contrairement à BA.1 qui " chute ") "." On peut donc s’attendre à ce que la diminution actuelle du nombre d’infections va être moins marquée dans les semaines qui viennent, et soit possiblement accompagnée d’un rebond. Mais nous n’avons pas d’argument à ce stade pour dire que ce rebond se traduira en vague rapidement ".

Ce qui explique pourquoi Emmanuel André a positivement accueilli l’allégement des mesures acté vendredi par le dernier codeco : " Face à cette situation, et malgré les incertitudes qui subsistent (il y en aura beaucoup moins d’ici deux semaines), il me semble totalement justifié que la société s’adapte et repense la proportionnalité des mesures collectives ".

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