La fusion des communes à nouveau sur la table: celles qui pourraient fusionner

Les communes de Bastogne et Bertogne vont prochainement fusionner. Cela n'était plus arrivé en Wallonie depuis la fusion des communes de 1977. Mais elles ne sont pas les seules, d'autres communes wallonnes pourraient aussi fusionner.

Bastogne.
© Belga Image

Les communes de Bastogne et Bertogne ne feront plus qu’une au lendemain des élections communales de 2024, relate vendredi L’Avenir. Les conseils communaux respectifs voteront l’acte d’intention dès ces prochains jours. Il s’agira d’une première en Wallonie. Les deux communes se sont associées dans plusieurs projets ces derniers mois.

   L’instigateur de cette fusion a été la Commune de Bertogne avec l’aval de tout le collège " qui s’est rendu compte du bien-fondé d’une collaboration plus soutenue ", précise le bourgmestre Christian Glaude. " Nous avons réfléchi aux soucis financiers des petites et moyennes communes. Une fusion facilite la gestion et engendre des aides plus importantes. C’est tout bénéfice pour les finances communales. Reste évidemment à faire abstraction de tout intérêt personnel et politique. "

   La question qui nous a animés, c’est de savoir si en fusionnant, nous apporterions plus de services aux citoyens des deux communes ", ajoute le bourgmestre de Bastogne, Benoît Lutgen. " Il existait déjà des partenariats légaux comme la zone de police, des nouveaux services comme le futur relais hall agricole ou la maison de tourisme. "

Plusieurs étapes baliseront le processus, dont une décision de principe à adopter par les deux conseils communaux pour le 31 octobre 2022 au plus tard. " La participation sera au cœur de cette démarche, avec huit rencontres citoyennes pour être au plus près des citoyens ", selon Benoit Lutgen.  La fusion effective devrait intervenir lors de l’installation des conseils communaux résultant des prochaines élections, en décembre 2024. Les deux bourgmestres insistent sur le fait que l’intégralité des emplois communaux seront maintenus. La fusion des communes entraînant une fusion des organes (conseil, collège, CPAS), elle entraînera la disparition de 24 mandats communaux. La future entité comptera plus de 20.000 habitants pour une superficie de 264,69 km².

Incitant financier 

Si des fusions de communes ont eu lieu en Flandre ces dernières années, le phénomène est moins fréquent en Wallonie. Comme le rapportaient nos confrères de la RTBF en août dernier, plus aucune commune n’a fusionné au sud du pays depuis 1977, lors de la fusion des communes.

L’intérêt d’une fusion de communes est d’abord financier. Comme l’expliquent nos confrères de la Libre, fusionner des petites communes permettrait " de retrouver quelques moyens en atteignant une taille plus importante ".

Au nord du pays, les autorités incitent à cette fusion des entités, en absorbant une partie des dettes des communes en question. (A condition d’avoir au moins 20.000 habitants). En Wallonie aussi, un important incitant financier est prévu. Comme l’expliquent nos confrères de l’Avenir, le gouvernement wallon propose une reprise des dettes de 500 euros par habitants, avec un maximum de 20 millions pour la nouvelle entité. " Ce bonus sera accordé à la nouvelle commune issue d’une fusion à l’occasion des élections communales de 2024, pour six exercices budgétaires ", précisent nos confrères.

On évoque aussi, assez rationnellement, une meilleure gestion des administrations et, comme l’expliquait le bourgmestre bastognard, " d’avantage de services aux citoyens ".

Vers d’autres fusions? 

A l’instar des communes de Bastogne et Bertogne, d’autres communes wallonnes pourraient fusionner. Comme le rapporte La Libre, des rapprochements sont parfois évoqués, en province de Luxembourg toujours, entre Bertrix et Herbeumont ou encore entre Fauvillers et Martelange.

L’idée d’un rapprochement entre les communes de Wellin et Tellin et la commune de Beauraing, en province de Namur, serait aussi avancé selon la Libre. " Mais il poserait les mêmes problèmes potentiels, mais pas insurmontables, qu’une fusion entre Marche-en-Fammenne et Rochefort ".  La fusion entre les deux communes de la province de Namur est, elle, à l’étude depuis septembre 2020. Le bourgmestre de Marche, André Bouchat, avançait alors comme principal argument la volonté d’être un interlocuteur crédible. "Quand, on n’a pas la taille suffisante, nous risquons à un moment donné, de ne pas être aussi bien entendus ni aussi bien perçus ", expliquait-il à nos confrères de la RTBF. 

Selon La Libre, on évoquerait aussi Hamoir et Ferrières en province de Liège ou une fusion entre Boussu, Colfontaine, Frameries, Quaregnon et Saint-Ghislain en province du Hainaut. 

Et à Bruxelles? 

A Bruxelles, l’idée d’une fusion des 19 entités de la capitale a récemment été (re)mise sur la table par le parti flamand Vooruit. " La fusion des communes bruxelloises reste la meilleure voie vers plus de solidarité, plus de prospérité et de meilleurs services pour les Bruxellois ", avait alors déclaré la députée Els Rochette. Les socialistes flamands étaient partis du constat que selon les communes bruxelloises, les administrations ne disposaient pas du même budget par habitant. Et l’écart pouvait parfois être important entre deux entités. 

L’idée, qui n’est pas neuve, avait alors été refusé sèchement par le ministre bruxellois des Pouvoirs locaux Bernard Clerfayt. " La fusion des communes est un fantasme flamand, fondé sur la répartition des pouvoirs ", estimait le ministre, interrogé par nos confrères de la Dernière Heure.  Même opposition du coté du bourgmestre de Saint-Gilles Charles Picqué. Le socialiste s’était, malgré tout, montré favorable à des fusions occasionnelles de deux entités comme Saint Gilles et Foret. 

Olivier Deleuze, bourgmestre de Watermael-Boisfort, insistait de son coté sur l’identification des citoyens à leur commune. " La faire disparaître n’est pas une bonne idée ".

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