Il faut une autorité avec les pleins pouvoirs en cas de crise, estime Di Rupo

Le ministre-président wallon Elio Di Rupo évoque une autorité avec les pleins pouvoirs pour remédier à de crises similaires à celle de juillet dernier.

Elio Di Rupo au Parlement wallon
Elio Di Rupo au Parlement wallon, à Namur le 11 février 2022 @BelgaImage

"En situation de crise, la bonne volonté, c’est bien mais ça ne suffit pas. Il faut une autorité hiérarchique disposant des pleins pouvoirs", a affirmé le ministre-président wallon, Elio Di Rupo, vendredi, lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire consacrée à la gestion des inondations de juillet 2021.

"La catastrophe que nous avons vécue doit servir de catalyseur, non seulement pour revoir la gestion du centre régional de crise, mais aussi pour travailler à plus de cohérence et de transversalité. Et pour ce faire, je ne vois pas d’autre manière que d’avoir une autorité hiérarchique qui possède des pouvoirs réels. Pas pour tout, évidemment, mais dans les situations de crise", a précisé le ministre-président wallon.

Une communication difficile et tardive

À l’entame de sa présentation, ce dernier est longuement revenu sur la chronologie de ces jours funestes de juillet. "Du 10 au 13 juillet, je ne reçois aucune information. Les premiers événements, à mon niveau, datent du mercredi 14 juillet dans la matinée, avec les informations qui remontent des médias. Jusque-là, personne dans mon cabinet n’a reçu d’alerte ni de message spécifique", a-t-il expliqué.

"Les premiers contacts entre le centre régional de crise (CRC) et mon cabinet ont lieu vers 12h15 ce 14 juillet. Vers 16h00, n’ayant toujours pas d’informations directes, j’ai personnellement pris l’initiative d’établir par sms un contact avec Simon Riguelle – le directeur du CRC – , afin qu’il m’informe plus complètement de la situation", a poursuivi Elio Di Rupo. Deux heures plus tard, un premier état des lieux est envoyé par mail par le centre régional de crise. Le lendemain, face à la gravité de la situation, les contacts et les réunions s’enchaînent.

"À aucun moment je n’ai voulu perturber le travail des centres de crises provinciaux d’abord et du centre national de crise ensuite. Ces centres travaillaient selon les dispositions légales fédérales en vigueur", a encore assuré le ministre-président en soulignant la nécessité, pour le centre régional de crise, de disposer lui aussi d’une base décrétale. "L’essentiel de la législation en matière de gestion de crise relève du niveau fédéral. Il n’existe pas de phase régionale de gestion de crise et à ce jour, il n’existe pas de décret qui fonde les bases légales du centre régional de crise. Je finalisais le projet de décret lui offrant cette base décrétale quand la catastrophe de juillet s’est produite. Dès qu’il connaitra les conclusions de cette commission, le gouvernement soumettra un projet de décret au parlement", selon Elio Di Rupo.

Réformes prévues

Dans ce cadre, il faudra "tirer les enseignements de la crise", avec une évidence: "une nouvelle culture du risque doit se développer en Wallonie" afin qu’elle "puisse faire face à d’éventuelles situations de crise dans les domaines qui relèvent de ses compétences".

Première étape: redéfinir les missions du centre de crise régional et revoir sa dénomination pour éviter la confusion, a indiqué le ministre-président. Celui-ci pourrait ainsi être rebaptisé CORTEX (Centre de la Coordination des Risques, du Transfert d’informations et de l’Expertise.), CRESIR (Centre Régional d’Evaluation, de Support et d’Information face aux Risques) ou VIGIWAL (Centre de Vigilance, de Gestion et d’Information sur les risques en Wallonie).

"Il ne s’agit pas de créer une nouvelle structure mais de capitaliser sur les expertises existantes. Les outils, les compétences et les connaissances existent en Wallonie. Le rôle du législateur et du gouvernement sera de fixer le cadre et les missions lui permettant d’œuvrer le plus efficacement possible, au plus près de ses partenaires et interlocuteurs locaux, nationaux et internationaux. En cas de crise, le (la) directeur (trice) de la structure deviendra automatiquement manager de crise et devra prendre le ‘lead’ à l’égard des services et départements régionaux", a-t-il détaillé.

Parallèlement, "une réforme du Service public de Wallonie – SPW, l’administration régionale – m’apparait également nécessaire. Son secrétaire général devrait avoir pour mission d’aligner le SPW derrière une vision commune à l’instar d’un secrétaire communal qui décline les décisions et volontés d’un collège communal/conseil communal au sein de l’administration", a enfin estimé Elio Di Rupo. "À cette fin, il faut accorder l’autorité hiérarchique au secrétaire général sur les DG pour s’assurer que tous s’alignent dans la mise en œuvre des objectifs transversaux du SPW, en particulier en matière de gestion de crise, ce qui permettra de créer la nécessaire transversalité et la cohérence entre les métiers de l’administration", a-t-il conclu.

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