Codeco du 11 février: quels assouplissements en vue?

Un nouveau Codeco se réunit ce vendredi, avec des indicateurs de l'épidémie en recul et plusieurs assouplissements en ligne de mire. Le passage du baromètre au code orange semble faire consensus.

Codeco du 11 février: quels assouplissements en vue?
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Alors que plusieurs indicateurs de l’épidémie sont en recul, un nouveau Comité de concertation se réunit ce vendredi 11 février dès 14h. Et la tendance semble au relâchement de certaines mesures. 

Le Premier ministre Alexander De Croo a donné le ton ce mercredi sur son compte Instagram." Comme vous, j’attends avec impatience le Comité de concertation de vendredi pour franchir une étape importante ", a écrit le chef du gouvernement. Il a notamment évoqué le secteur de la nuit. Secteur qui pourrait rouvrir en code orange du baromètre.

Passage à l’orange 

Il faut dire que ce passage du code rouge au code orange est plus que jamais sur la table. " La seule décision pertinente que l’on peut prendre est de passer du rouge à l’orange ", a déclaré mardi le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke en commission de l’Intérieur.

Ce code orange correspond, en théorie, à des hospitalisations journalières entre 65 et 149 (316 en moyenne ce jeudi) et à un taux d’occupation des soins intensifs entre 300 et 500 lits (430 ce jeudi). Si ce dernier indicateur est déjà atteint, ce n’est pas encore le cas des admissions quotidiennes à l’hôpital. Mais le ministre de la Santé estime que ce chiffre sera " proche de l’orange ou dans l’orange d’ici la mi-février ". Même constat du commissaire Corona Pedro Façon, qui donne son feu vert au passage à l’orange dans son rapport pré-Codeco. " A partir de la mi-février, le nombre de nouvelles hospitalisations devrait passer sous la barre de 200, et peut-être même sous la barre des 150 ", avance le commissaire, dont les propos sont relayés par nos confrères de Het Laatste Nieuws. Pedro Facon préconise d’attendre le 18 février pour mettre en oeuvre le changement de code couleur.  

Si on se réunit, ce n’est pas pour rester en phase rouge, mais bien passer en phase orange ", a assuré le ministre-président de la fédération Wallonie Bruxelles Pierre-Yves Jeholet. Qui a prévenu qu’il plaiderait " pour aller le plus loin possible ". 

Concrètement, ce passage à l’orange signifierait, notamment, une réouverture du secteur de la nuit. Et ce, sans heure de fermeture. La capacité d’accueil sera malgré tout limitée entre 60 et 80%. (Un plafond qui peut être levé si la norme de qualité de l’air de 900 ppm est respectée).  Le Covid Safe Ticket serait obligatoire à l’entrée. Notons que le secteur a déjà annoncé ce mercredi qu’il rouvrirait, de toute façon, ses portes lors du week-end du 18 février. Sauf si " le Comité de concertation de vendredi annonce une perspective précise et réaliste ". 

Du coté de l’horeca, ce passage au code orange signifierait également la fin des heures de fermeture imposées.  Le CST resterait, là aussi, obligatoire à l’entrée. Il ne serait, cependant, plus nécessaire en terrasse. Le masque ne serait plus obligatoire dans les établissements, du moins pour les clients. Pour la culture, les jauges d’accueil seraient revues à la hausse, de 50-70% pour les cinéma et théâtres, à 60-90%. Les événements publics avec des participants debout pourraient, de nouveau, avoir lieu en intérieur. En extérieur, le masque ne serait plus nécessaire pour les participants. 

Masque à l’école 

La question du port du masque à l’école sera aussi sur la table de ce Codeco. Mercredi, le ministre-président de la Fédération Wallonie Bruxelles Pierre-Yves Jeholet a annoncé qu’il plaiderait pour un assouplissement de la règle.  Le ministre s’est dit en faveur d’un relèvement de l’obligation du port du masque à 10 ou 12 ans (contre dès 6 ans actuellement). Le libéral a d’ailleurs souligné que l’utilité sanitaire du port du masque à l’école n’avait jamais fait l’objet d’un consensus scientifique. 

Même tendance du coté de la ministre de l’Education Caroline Désir. " Une proposition de retrait progressif de l’obligation du port du masque sera formulée au Comité de concertation, en phase avec les débats prévus sur le baromètre. Cette proposition s’accompagnera bien entendu de la confirmation d’autres mesures de prévention fortes telles que l’aération ", a expliqué le cabinet de la ministre après une réunion entre les trois ministres de l’Education et les experts. 

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke ne serait, cependant, pas sur la même longueur d’onde. " Le masque reste indispensable chez les enfants. (…) Plusieurs études démontrent son utilisé. On se battra au Comité de concertation pour le maintien du masque afin de protéger nos enfants ", a expliqué la porte-parole du socialiste flamand, dont les propos sont rapportés par nos confrères de la DH. Le commissaire Corona demande, de son coté, un avis supplémentaire des experts du Gems sur cette question.

Du coté du télétravail, Pedro Facon recommande, comme les experts du Gems, un passage à trois jours obligatoires par semaine.

Et le CST? 

Reste que le Codeco pourrait aussi se pencher sur le Covid Safe Ticket, comme le rapportent nos confrères de La Libre. Selon le porte-parole du vice-premier ministre Georges Gilkinet, interrogé par le quotidien, " le Codeco a demandé au parlement de faire une évaluation du CST ". Le parti écologiste est rejoint sur cette question par le MR. " Le CST a toujours été un outil temporaire. Dès que c’est possible, il doit disparaître ", a déclaré la ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès à la Dernière Heure.

Sa suppression semble cependant peu probable pour l’instant. " Le CST figure dans le baromètre et les accords sont les accords ", a rappelé la porte-parole de Frank Vandenbroucke à la Libre. " Il est hors de question de tout modifier deux semaines après l’adoption du baromètre ". Le 1er février, le ministre fédéral de la Santé avait insisté sur la nécessité de l’outil dans un contexte de forte circulation du virus. Il avait par ailleurs rappelé qu’en code jaune, le CST n’est plus obligatoire.

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