Haron Zaanan porte plainte pour transphobie contre le Drug Opéra

L'influenceur non binaire Haron Zaanan a indiqué avoir déposé plainte pour discrimination contre le Drug Opéra, un restaurant bruxellois. Information confirmée par une porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles.

Drug Opéra, bar bruxellois
© Belga Image

Le dimanche 30 janvier en soirée, un responsable du Drug Opéra avait prié l’influenceur, mannequin et styliste non binaire Haron Zaanan de couvrir ses épaules dénudées ou de quitter l’établissement après, selon la direction, que d’autres clients se sont plaints de cette tenue vestimentaire. Iel (selon le pronom employé pour se référer à " elle " et " il ") portait un bustier. " Ce n’est pas parce que le responsable m’a dit que ce n’était pas une question de genre que ça ne l’est pas. Et justement ça l’est ", avait estimé Haron Zaanan après les faits. La scène a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux.

Le choix d’accéder à la demande des clients pose question, étant donné que porter un bustier laissant voir les épaules n’est pas considéré comme indécent pour une femme cisgenre (dont le genre ressenti correspond à celui assigné à la naissance).

Personnes LGBTQIA+, cibles de discriminations

La direction, qui s’est excusée, a pris l’initiative de contacter l’Institut pour l’égalité des hommes et des femmes pour avis et afin d’apprendre à mieux réagir à l’avenir dans ce type de situation.

Les personnes transgenres et celles qui s’habillent en fonction de leur identité de genre ressentie sont la cible de nombreuses discriminations et de harcèlement. C’est aussi une des raisons pour laquelle moins de la moitié des personnes trans vivent en accord avec leur identité de genre, car c’est compliqué à assumer au quotidien ", a commenté Véronique De Baets, porte-parole de l’Institut pour l’égalité des hommes et des femmes. " Environ la moitié des personnes trans évitent certains lieux de peur d’être agressées" .

Selon l’agence européenne des droits fondamentaux (FRA), 22% des personnes LGBTQIA+ ont été la cible de discriminations dans le secteur horeca en Belgique. Sur la base de la loi anti-discriminations de 2007, la personne préjudiciée peut obtenir au civil 1.350 euros de dédommagement.

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