Autotests: la Belgique plus chère que ses voisins

En attendant les pilules anti-Covid, les mesures de précaution coûtent particulièrement cher aux ménages belges, obligés de débourser des dizaines d’euros par mois.

autotest en pharmacie
Le prix des autotests en Belgique reste bien plus élevé que chez nos voisins. © BelgaImage

Masques buccaux, gel hydroalcoolique et maintenant autotests réguliers… Devenus routiniers, les gestes bar­rières représentent un coût non négligeable pour les ménages. En juin dernier, Test Achats calculait qu’un résident belge dépense en moyenne 75 euros par mois pour se protéger du virus, éventuel test PCR ou antigénique inclus. Aujourd’hui encore, le prix d’un masque jetable varie entre 10 centimes l’unité et un euro, en fonction du lieu d’achat, quand avant la pandémie le tarif ne dépassait pas les 30 centimes. Depuis quelques semaines, l’utilisation généralisée et encouragée des autotests vient plomber encore un peu plus le portefeuille des citoyens.

Autorisés à la vente depuis le printemps dernier, les autotests sont devenus, à l’approche des fêtes de fin d’année et de la rentrée scolaire de janvier, le nouvel accessoire indispensable pour les familles. Deux jours avant Noël, les ventes ont d’ailleurs battu tous les records avec quelque 100.000 autotests écoulés dans le pays, pour la seule journée du 23 décembre. Largement recommandés par les autorités pour éviter au maximum les contagions, il a même été conseillé aux parents de tester, chaque semaine à la maison, leurs enfants en âge d’aller à l’école. “C’est une recommandation, pas une obligation”, a précisé dans la foulée la ministre de l’Enfance et de la Santé ­Bénédicte Linard face à la bronca qu’a suscitée cette annonce… les autotests n’étant toujours pas remboursés.

Depuis leur arrivée dans les rayons des supermarchés début décembre, leur prix a diminué mais reste tout de même bien plus élevé que dans les pays voisins. Vendus autour de huit euros l’unité en pharmacie et minimum trois euros en grande surface, les autotests belges ne souffrent pas d’une assez grande concurrence, estime Test Achats. À titre de comparaison, en France l’écouvillon s’achète pour à peine plus d’un euro dans les supermarchés et ne peut être vendu plus de 5,20 euros. Même chose aux Pays-Bas, où l’autotest se vend à partir d’1,75 euro. En Belgique, seules les personnes bénéficiaires de l’intervention majorée ont accès à des tests à un euro. La Ligue des familles, Test Achats, le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté et la Fapeo s’accordent: “Les autorités n’ont pas à faire reposer le financement de la nouvelle stratégie de testing sur les ménages déjà lourdement impactés par la crise”.

Vers un remboursement?

Théoriquement, le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke se montre favorable à un soutien financier face à cette nouvelle dépense. Pratiquement, c’est une autre histoire. “Depuis le 1er octobre, le gouvernement fédéral a dépensé 290 millions d’euros pour les tests, et ce n’est pas sa compétence. En politique, il y a une répartition des responsabilités”, a-t-il lancé début janvier sur RTL-TVI. Comprenez: ce sont aux entités fédérées de s’en charger, en distribuant notamment des autotests gratuitement dans les écoles.

Depuis, cependant, rien n’a bougé, ou presque. Seule la communauté germanophone a décidé de financer le test hebdomadaire des écoliers. En ­Fédération Wallonie-Bruxelles, quelque 140.000 autotests ont été mis gratuitement à disposition des écoles pour les familles les plus précaires, pour les près de 900.000 élèves, de la maternelle au secondaire, que compte la communauté. Le problème, estime le professeur en maladies infec­tieuses Nathan Clumeck, c’est que “le remboursement des autotests représenterait un coût considérable, sans avoir la certitude qu’ils soient bien faits”. Mise sur la table par les Verts fin décembre, la mesure semble donc vouée à rester dans les cartons.

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