Haron Zaanan, porte-drapeau des discriminations envers les LGBTQIA+

Haron Zaanan est influenceur non-binaire. Dimanche, ses épaules dénudées lui ont valu d’être expulsé d’un restaurant bruxellois. L’événement devient rapidement médiatique et politique.

Haron Zaanan
© Capture d’écran Instagram @haronzaanan

Une vidéo virale sur les réseaux sociaux, dans les médias et dans la classe politique. Phénomène classique. Sauf que cette fois, la thématique mise en lumière a pour habitude de rester dans l’ombre. C’est un banal dimanche soir qui a basculé à l’indignation. Une indignation qui dépasse la frontière belge.

Retour sur les faits

A 19 ans, Haron Zaanan est un influenceur et mannequin comblé. Il assume qui il est. Il assume sa différence ou plutôt ce qui le rend unique. Haron est non-binaire. Il ne s’identifie ni au genre masculin, ni au genre féminin. Il se maquille et porte des vêtements peu importe s’il les chine dans le rayon homme ou femme.

Dimanche soir, Haron s’apprête pour diner avec sa petite sœur au Drug Opéra, un restaurant bien connu de la capitale. Au menu vestimentaire: une robe bustier, un pantalon et des bottes. Le repas se déroule sans encombre. Mais avant même de pouvoir commander son dessert, un homme de l’établissement lui demande de couvrir ses épaules dénudées et lui pose un ultimatum: soit il obéit, soit il s’en va. Haron refuse de se plier à cette nouvelle règle alors que sa tenue ne posait pas de problème jusque-là. Il décide de quitter les lieux. Ce n’est pas un dessert ou les plaintes de clients qui mettront à mal son identité et ses convictions.

Les politiques s’emparent de la polémique

La sœur d’Haron et des clients voisins filment la scène. L’influenceur la poste ensuite sur les réseaux sociaux. La toile s’enflamme. Et certains politiques avec. " Tout mon soutien. Et toutes mes excuses pour cette société qui ne vous laisse pas être et avoir votre place ", commente Margaux de Ré, députée au Parlement bruxellois. Elle salue sa réaction courageuse et promet d’interpeler la Ministre de l’égalité des chances au Parlement. Philippe Close, bourgmestre de la Ville de Bruxelles, qui a rencontré Haron, condamne également l’incident. Sarah Schlitz, Secrétaire d’Etat à l’égalité des genres et des chances et à la diversité s’est aussi emparée du sujet sur Twitter. " L’appel à la ‘décence’ à propos des tenues des femmes et des minorités de genre est inacceptable ", écrit-elle.

" Nous avons rencontré le commerçant du Drug Opera pour lui signifier notre réprobation quant à l’incident relayé sur les réseaux sociaux. En tant qu’échevin des affaires économiques, notre but est de faire des commerces bruxellois des lieux accueillant pour tous ", a réagi Fabian Maingain. Lydia Mutyebele, échevine de l’Egalité des Chances, suggère à la direction du restaurant " de former son personnel à la diversité. Bruxelles est une ville par essence inclusive et cosmopolite… et fière de l’être ".

Nabilla choquée

La polémique a traversé la frontière. Le média français Konbini a interviewé Haron. Interview relayée par Nabilla qui commente : " Mais je rêve là ? ". Un soutien immense pour le jeune belge qui lui propose, en riant, de la rejoindre à Dubaï. A quoi elle répond : " Quand tu veux ! Tu es magnifique, n’oublie jamais ça ".

Après la brutalité des faits, une vague d’amour vient submerger Haron Zaanan, plus fier que jamais.

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