L’ancien bourgmestre de Bruxelles Freddy Thielemans est décédé

L'ex-bourgmestre de la Ville de Bruxelles Freddy Thielemans (PS), décédé samedi soir à l'âge de 77 ans, avait officiellement présenté sa démission de cette fonction en novembre 2013 après un mandat de plus de 12 ans.

Freddy Thielemans
Belga

Victime d’une lourde chute dans un escalier, à son domicile, le 11 juillet 2016, M. Thielemans avait été victime d’une fracture du crâne et d’une hémorragie traumatique dont il ne s’était pas rétabli, en dépit de premiers signaux très positifs sur le plan médical. Philippe Close, actuel bourgmestre de la Ville, a annoncé son décès sur les réseaux sociaux ce dimanche.

Un ket de Laeken

Né le 11 septembre 1944 à Laeken, Freddy Thielemans, était enseignant de formation, et gradué en sciences commerciales. Il disposait d’une agrégation pour l’enseignement secondaire inférieur en langues germaniques.

Pratiquant son métier d’enseignant de 1966 à 1973, il avait été détaché auprès des Jeunes Socialistes, qu’il avait présidés de 1966 à 1970, et représentés auprès des organes internationaux auxquels adhérait l’organisation. Il avait ainsi travaillé comme expert en matière de jeunesse auprès du Fonds Européen pour la Jeunesse.

Il était devenu secrétaire de l’EUSY (branche européenne de l’Union internationale des Jeunesses socialistes) ainsi que de l’Union des Jeunes Socialistes de l’Europe des neuf. En 1976, il avait réintégré l’enseignement.

L’entrée en politique

En 1983, le bourgmestre de Bruxelles, Hervé Brouhon, le détache aux fonctions de chef de cabinet. Il fait son apparition sur l’échiquier politique public au niveau communal à l’issue des élections de 1988. A chaque fois réélu depuis lors, il n’a cependant jamais siégé comme conseiller, ayant depuis lors toujours été, soit échevin, soit bourgmestre.

En 1988, il devient échevin chargé des Beaux-Arts, et hérite, en sus, à partir de 1993, de l’Instruction Publique. D’avril 1994 à janvier 1995, il achève la mandature communale en tant que bourgmestre, à la suite de la démission de Michel Demaret (PSC). Il réintègre ensuite ses fonctions d’échevin. Il est élu au parlement bruxellois à l’issue du scrutin de mai 1995.

En 2000, plus d’un an après son élection au parlement européen, il accède au maïorat, en coiffant sur le poteau François-Xavier de Donnea (MR). Fort de son score électoral, celui-ci s’y était revu un peu trop vite.

Bourgmestre pendant plus de douze ans

Pour le PS emmené par Freddy Thielemans, la constitution d’une majorité de type olivier (PS, cdH, Ecolo) représentait une belle opportunité de ravir le maïorat aux libéraux. Au terme de l’élection de 2006, Freddy Thielemans conforta sa position de bourgmestre à la tête d’une coalition PS, cdH, sans Ecolo relégué dans l’opposition.

Le scrutin d’octobre 2012 redistribua les cartes en faveur d’une coalition socialiste libérale, toujours avec Freddy Thielemans à sa tête. Entre 2009 et 2014, l’ex-bourgmestre de la Ville avait une nouvelle fois siégé également au parlement régional. Ses détracteurs le disaient autoritaire dans sa gestion du conseil communal.

Salons et bistrots

Bruxellois pur jus, Freddy Thielemans maniait les langues avec une grande aisance, agrémentant ses interventions avec force figures de style, et références étymologiques et littéraires. Ce militant de la laïcité avait plusieurs facettes, et de multiples passions dont la peinture, ou les arts. C’est ainsi qu’il avait rencontré son épouse, ex-ballerine dans la troupe de Maurice Béjart.

Agnostique, à l’aise dans les salons comme dans les bistrots, cet amateur de motos mythiques n’avait jamais dévié de sa trajectoire de socialiste bon teint, depuis avant le temps où il tenait ses permanences sociales dans un établissement de Laeken dénommé " Le Rouge et le Noir ". Bon vivant, il avait été intronisé en 2001 dans la confrérie des " Buûmdroegers " (ndlr: porteurs d’arbre) pour soulever l’arbre du Meyboom quasi chaque année jusqu’en 2015. Sa santé l’avait empêché de le faire depuis lors.

A la Ville de Bruxelles, il était très proche de l’actuel bourgmestre Philippe Close qui, au-delà de leur passion commune pour le rugby, fut son directeur de cabinet. Ce fut toutefois le président du CPAS, Yvan Mayeur, que la section du PS de la Ville avait désigné pour lui succéder au maïorat, du moins, en 2013, car depuis le 20 juillet, l’histoire a donné corps à son voeux, resté longtemps secret, de voir émerger Philippe Close avec lequel il était resté en contact étroit jusqu’à la fin de sa vie.

 

Sur le même sujet
Plus d'actualité