Seconde guerre mondiale: vers une enquête sur le rôle de la SNCB dans les déportations

A la demande du Sénat, le Centre d'étude Guerre et société va enquêter sur le rôle exact de la SNCB dans les déportations de personnes vers des camps pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Ce jeudi 27 janvier marque les 77 ans de la libération du camp d'Auschwitz-Birkenau.
© Belga Image

Le Sénat va demander jeudi au Centre d’étude guerre et société (Cegesoma) de mener une enquête plus approfondie sur le rôle de la SNCB dans les déportations de personnes vouées à l’extermination durant la Seconde guerre mondiale, annonce Le Soir jeudi.  Le résultat de ces recherches pourrait être livré en 2023.

En 2007, le Cegesoma avait déjà livré un rapport qui concluait à la collaboration active d’une partie des autorités belges dans la persécution des Juifs nationaux et étrangers. Le rôle de la SNCB en tant que transporteur des déportés vers les camps de concentration et d’extermination avait alors retenu l’attention de l’historien Nico Wouters, aujourd’hui responsable du Cegesoma. Il notait que " tous les éléments directs et indirects nous conduisent à la conclusion qu’il est presque certain que les transports de Juifs ont été réalisés par la SNCB sur l’ordre de la Wehrmacht Verkehrs Direktion ". Il poursuivait : " La question-clé demeure alors de savoir si l’ensemble des 28 transports de Juifs ont été réalisés avec du matériel belge. Par manque de documents tangibles, il est impossible de le déterminer avec certitude ".

Les nouvelles recherches visent à apporter des précisions quant à la manière dont les autorités belges ont exécuté les ordres venant de l’Occupant, sur le personnel et au matériel utilisés, et le rôle précis des dirigeants de la société des chemins de fer. Nico Wouters a aussi proposé d’élargir le champ d’investigation historique aux Belges soumis au travail obligatoire et aux prisonniers politiques transportés vers l’Est.  L’étude croisera sans doute aussi le rôle important qu’ont joué les cheminots dans la lutte contre l’Occupant.  La démarche se veut une contribution au devoir de mémoire rappelé par la présidente du Sénat Stephanie D’Hose (Open VLD) et le ministre de la Mobilité Georges Gilkinet (Ecolo) alors que l’on commémore la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau.

Sur le même sujet
Plus d'actualité