Ukraine: l’armée belge en "état de préparation maximale"

Le chef de la Défense belge confie que l'armée doit se préparer à l'éventualité d'un «conflit de haute intensité».

Michel Hofman à Kleine-Brogel
Le chef de la Défense belge, l’amiral Michel Hofman, le 24 septembre 2021 à la base aérienne de Kleine-Brogel, dans le Limbourg @BelgaImage

La menace russe à la frontière ukrainienne "nous inquiète beaucoup et nous touche politiquement, diplomatiquement, mais aussi militairement", laisse entendre l’amiral Michel Hofman, chef de la Défense belge, dans des entretiens publiés lundi dans La Libre Belgique, Le Soir et La Dernière Heure. "Dans nos processus normaux et dans nos activités normales, l’état de préparation de nos unités, cette menace retient particulièrement notre attention", explique-t-il.

Pas d’intervention automatique en Ukraine

"La crise entre la Russie et l’Ukraine est de plus en plus tangible un peu partout. En mer du Nord, en 2021, on a observé une augmentation de 30 % de passages de navires russes. (…) Ça nous touche politiquement, diplomatiquement et militairement. Du niveau stratégique au niveau tactique, c’est une donne dont on tient compte à différents niveaux", affirme-t-il. La situation géopolitique "nous ramène dans un contexte où la défense collective n’est pas uniquement un concept de l’Otan. On doit en tenir compte au jour le jour dans notre organisation", poursuit-il.

Il assure toutefois que "ce n’est pas parce que les Russes, demain, décident d’envahir l’Ukraine que, automatiquement, on va se déployer. Il y a un processus décisionnel à respecter, y compris en Belgique. Nous, nous veillons à ce que les unités que nous avons proposées aux différentes forces de l’Otan soient dans un état de préparation maximale". "Plutôt que de suivre un planning où on sait qu’on va prendre part à une opération de l’Otan ou d’une coalition, l’incertitude est telle qu’il faut se préparer aux missions de défense collective. Ça veut dire que ce sont des situations de haute intensité ou de conflit. Il faut disposer d’unités complètes en personnel, qu’on ait les équipements et les entraînements suffisants, qu’on puisse tenir dans la durée, qu’on puisse communiquer et se déplacer. Tout ça doit être assimilé. On doit en tenir compte dans la transformation actuelle de la Défense. On se prépare à nouveau à intervenir dans un conflit entre deux adversaires", détaille l’amiral.

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