Manifestation du 23/01: des violences et une équipe de BX1 agressée

Le Premier ministre a condamné les agressions qui ont clôt la manifestation contre les mesures sanitaires tenue à Bruxelles ce dimanche.

Manifestation contre les mesures sanitaires à Bruxelles
Manifestation contre les mesures sanitaires à Bruxelles le 23 janvier 2022 @BelgaImage

La manifestation de dimanche dans les rues de Bruxelles contre les mesures sanitaires a rassemblé quelque 50.000 personnes, selon la police. Les organisateurs évoquent 500.000 participants. Plusieurs groupes d’extrême-droite ont été repérés parmi les manifestants et des émeutes ont éclaté en fin de cortège. Une équipe de la chaîne de télévision régionale BX1, composée d’une journaliste et d’une cadreuse, a notamment été agressée lors de la manifestation de dimanche dans les rues de Bruxelles contre les mesures sanitaires, indique sur son site internet le média bruxellois, qui va porter plainte.

Ceux qui ont utilisé la violence après la manifestation contre les mesures sanitaires seront poursuivis. Le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) l’a déclaré dimanche dans une réponse. "Notre société n’acceptera jamais la violence aveugle, en particulier contre nos forces de l’ordre".

Une présence notable de l’extrême-droite

La "Manifestation européenne pour la démocratie" entendait susciter un débat de société sur les mesures sanitaires visant à contrer la pandémie de coronavirus. Elle était à l’initiative de mouvements comme World Wide Demonstration for Freedom et Europeans United for Freedom mais également de plus de 600 associations locales européennes. Les manifestants se sont rassemblés dès 11h à la gare du Nord. Le cortège s’est élancé en fin de matinée pour se rendre au cœur du quartier européen, dans le parc du Cinquantenaire.

Malgré l’arrestation de six personnes qui portaient des objets dangereux avant même le début de la manifestation, le cortège s’est déroulé de manière paisible. Des drapeaux allemands, français, néerlandais, américains, polonais et roumains flottaient dans la foule, a observé Belga sur place. De nombreux manifestants brandissaient des panneaux critiquant le pouvoir en place, la vaccination, le Covid Safe Ticket ou appelant à "protéger les enfants". L’observatoire RésistanceS a noté la présence de plusieurs personnalités, partis et groupuscules d’extrême droite, noyés dans la foule de milliers de manifestants. D’autres groupes ou militants d’extrême droite avaient appelé ces derniers jours à participer à cette manifestation. L’organisation de l’événement était d’ailleurs en grande partie dans les mains de ces groupes, avait observé vendredi Manuel Abramowicz, coordinateur de RésistanceS auprès de Belga.

Trois policiers et 12 manifestants à l’hôpital

C’est en fin de cortège, dans le quartier européen, que des heurts ont éclaté dans l’après-midi entre protestataires et forces de l’ordre. Des bâtiments et des véhicules ont été endommagés.  Les policiers ont alors eu recours à des autopompes et des gaz lacrymogènes pour orienter les "400 à 500" émeutiers vers le parc du Cinquantenaire. Les organisateurs de la manifestation ont appelé à quitter les lieux, puis la police a exigé la dissipation du rassemblement.

Un jeu du chat et de la souris s’est poursuivi entre émeutiers et policiers. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des policiers retranchés dans une bouche de métro après avoir fait l’objet de jets de projectiles, notamment des barrières Nadar. Une voiture de police a également été attaquée. Trois policiers et 12 manifestants ont été emmenés à l’hôpital, a communiqué la police dans la soirée. Aucun n’est en danger de mort. "Au total, une soixantaine de personnes a été arrêtée administrativement et une dizaine judiciairement pour détention ou jet de projectiles, notamment des matériaux inflammables, rébellion et dégradation de biens publics", a ajouté la police bruxelloise.

BX1 "dénonce vivement" les débordements dont elle a été victime

La chaîne télévisée BX1 s’est pour sa part révoltée contre l’agression d’une de ses équipes. "Alors qu’une de nos équipes filmait des personnes en train de déchausser des pavés, plusieurs individus sont intervenus violemment. Ces individus ont couru vers notre équipe en voulant les empêcher de prendre des images. Pour arriver à leur but, ils se sont mis à insulter, à bousculer notre équipe et à essayer de s’emparer de la caméra", détaille BX1.

La chaine "dénonce vivement cette violence à l’égard de son personnel et cette tentative d’entraver le travail de couverture de l’information". Une plainte sera déposée, a encore indiqué la chaine d’information locale.

De Croo: "Notre société n’acceptera jamais la violence aveugle"

Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. "La liberté d’expression est l’un des fondements de notre société", a déclaré le Premier ministre Alexander De Croo. "Chacun est libre de manifester son opinion. Mais notre société n’acceptera jamais la violence aveugle, et encore moins à l’égard de nos forces de l’ordre. Les personnes impliquées ce dimanche seront poursuivies".

"Beaucoup de respect pour les policiers qui ont fait tout leur possible pour gérer la situation", a estimé la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden. Le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close a par ailleurs qualifié la journée de "difficile": "Rien ne peut justifier les agressions physiques dont ont été victimes les forces de l’ordre. En concertation avec le procureur du Roi, nous ferons tout pour identifier les auteurs". "Les images de la manifestation aujourd’hui à Bruxelles sont interpellantes", a encore déclaré le ministre-président de la Région bruxelloise Rudi Vervoort. "Le droit de manifester n’est pas une excuse pour détruire notre ville et attaquer notre police. Nos services mettent tout en œuvre pour retrouver et punir les auteurs de ces actes inacceptables".

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