Bilan des manifestations: près de 240 arrestations, dont 11 judiciaires

Les affrontements ont été particulièrement violents près du Cinquantenaire lors des manifestations contre les mesures sanitaires.

Violences lors de la manifestation contre les mesures sanitaires
Affrontements en marge de la manifestation contre les mesures sanitaires à Bruxelles, le 23 janvier 2022 @BelgaImage

À Bruxelles, 228 personnes ont été arrêtées administrativement pour trouble à l’ordre public et 11 autres, dont trois mineurs, ont été arrêtées judiciairement pour détention d’arme, rébellion face aux forces de l’ordre et dégradations lors de la manifestation contre les mesures sanitaires qui s’est tenue dimanche dans la capitale, a indiqué lundi la zone de police Bruxelles/Ixelles. Le cortège s’est déroulé dans le calme mais des heurts ont éclaté entre protestataires et forces de l’ordre à la fin de l’événement.

Des violences particulièrement fortes à Mérode

La "Manifestation européenne pour la démocratie" entendait susciter un débat de société sur les mesures sanitaires visant à contrer la pandémie de coronavirus. Le cortège de 50.000 personnes, selon le décompte de la police, s’est élancé en fin de matinée de la gare du Nord pour se rendre au cœur du quartier européen, dans le parc du Cinquantenaire. C’est à la fin de l’événement, dans le quartier européen, que des heurts ont opposé des protestataires et les forces de l’ordre. Trois policiers et 12 manifestants ont été emmenés à l’hôpital. Aucun ne s’est trouvé en danger de mort.

Avant le départ du cortège, la police avait déjà "procédé à l’arrestation administrative de six personnes en possession d’objets interdits et/ou dangereux tels que des objets pyrotechniques". Après la marche, près de la place Schuman, la police a essuyé des projectiles tandis que plusieurs objets ont été incendiés. Cette dernière a répliqué en usant de canons à eau et de gaz lacrymogènes pour tenter de diriger les "400 à 500" récalcitrants vers le parc du Cinquantenaire. Elle a alors lancé un appel à la dislocation, mais celui-ci n’a pas été respecté.

Des policiers ont été pris à partie par des manifestants à l’arrêt de métro Mérode. Ils "ont été clairement attaqués avec des objets lourds, notamment des poubelles, des barrières nadars, des pavés, etc. Les émeutiers s’en sont également pris à une voiture de police. Le jeu du chat et de la souris avec la police s’est ensuite poursuivi dans l’avenue de Tervuren et ses environs", selon le communiqué des forces de l’ordre, qui estime que les émeutiers ont "délibérément recherché la confrontation".

Des enquêtes approfondies prévues

Le calme est revenu vers 17h00. Au total, 228 personnes ont été arrêtées administrativement (204 Belges, 11 Français, 8 Néerlandais, 3 Allemands et 2 Polonais) pour trouble à l’ordre public et ont été relâchées après identification. De plus, 11 personnes ont été arrêtés judiciairement (6 Belges, 3 Français, 1 Néerlandais et 1 Afghan) pour détention d’arme, rébellion et dégradations. Parmi ces 11 arrestations judiciaires, trois concernent des mineurs, précise le parquet bruxellois. Deux d’entre eux doivent comparaître ce lundi devant un juge de la jeunesse. "Le troisième aurait été relâché", a précisé un porte-parole du parquet, Martin François, citant la police. "Sept adultes auraient également été remis en liberté, tandis qu’un huitième suspect a reçu une citation à comparaître pour rébellion armée et devrait se présenter rapidement devant le tribunal correctionnel".

L’enquête poursuit son cours, tant concernant les suspects relâchés et que d’autres à identifier, a complété le parquet. La police ajoute que les actes de vandalisme et autres confrontations feront l’objet d’une enquête approfondie pour laquelle une task force judiciaire a été mise sur pied. Elle a en outre lancé un appel sur ses réseaux sociaux afin de récolter des images des affrontements. Les dommages matériels ont touché principalement des bâtiments (vitrines et façades), ainsi que la voie publique (pavés arrachés, poubelles et infrastructures routières vandalisées) dans et autour de la rue de la Loi et du Cinquantenaire. D’autres dommages sont encore en cours d’évaluation, conclut la police.

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