Les manifs anti-règles Covid souvent organisées par des groupes d’extrême droite

D'après l'Observatoire belge de l'extrême droite RésistanceS, les manifestants des marches contre les restrictions sanitaires viennent de tous les horizons, mais pas les organisateurs.

Manif anti règles Covid
(@Belga Image)

Il y a une grande mixité dans les manifestants des marches contre les restrictions sanitaires mais leur organisation est en grande partie dans les mains de groupes d’extrême droite, observe vendredi Manuel Abramowicz, coordinateur du web-journal de l’Observatoire belge de l’extrême droite RésistanceS.

Une fois c’est Samen Voor Vrijheid qui organise les marches, puis Europeans United for Freedom ou encore Belgium United For Freedom, mais ils ont des liens entre eux ", commente le journaliste spécialisé. " On a soit des groupes clairement d’extrême droite (comme Feniks, Civitas et Éveil), soit apparentés à l’extrême droite (comme la coalition créée en janvier 2021 INCI (Indépendants Citoyens)), soit il y a des liens avec l’extrême droite catholique traditionaliste. On retrouve par exemple le jeune dirigeant du groupe Katholiek Forum, Dries Goethals, sur les podiums. Les deux fois où des élus politiques ont pris la parole, il s’agissait des députés européens Robert B. S. Roos (Pays-bas) et Cristian Terhe¿ (Roumanie) qui sont d’ultra droite. La seule expression politique qu’on peut voir dans ces manifestations vient de personnes d’extrême droite ".

Il remarque que le vocabulaire employé relatif à la " dictature mondialiste " provient de la propagande d’extrême droite. Il y a une analogie avec le nazisme où les médias et le pouvoir sont des SS – avec des slogans du type " Non au paSS nazitaire " – et les non-vaccinés des juifs porteurs de l’étoile jaune. Selon Manuel Abramowicz, il s’agit d’une tactique de l’extrême droite,  reposant sur l’inversion, qui date des années ’70-’80. S’ajoutent à cela des théories conspirationnistes. Il est par exemple avancé que des jeunes casseurs, pourtant identifiés par la police sur base des images des caméras de surveillance, sont payés par le gouvernement pour discréditer le mouvement.

En marge des premières mobilisations de secteurs affectés par la crise, de premiers groupes extrêmes naissent, comme " En colère " en juillet 2020 à Mouscron ou l’ASBL Viruswaanzin avec l’avocat Michael Verstraeten qui cible le virologue Marc Van Ranst.

En janvier 2021, apparaît sur Facebook le groupe Belgium United For Freedom (BUFF) avec Sarkis Simonjan et une personne portant le pseudonyme " Alex le complotiste ". Manuel Abramowicz relève que le premier est considéré comme proche du milieu traditionaliste orthodoxe arménien par le Het Observatorium et qu’il est en contact avec le militant d’extrême droite Alain Escada. Pour le second, il fait valoir un débat en décembre sur internet avec l’ex-député du Parti Populaire Laurent Louis. BUFF est rapidement soutenu par Valeurs nationales, groupe liégeois issu du mouvement d’extrême droite Nation. Il y a aussi des liens avec le médecin généraliste David Bouillon, qui avait rejoint en 2019 les listes Destexhe, à droite de la droite. Début 2021, il n’est encore question que de petites actions pour BUFF.

Des petits groupes d’extrême droite se sont invités au printemps 2021 dans le public des événements au bois de la Cambre à compter de la " Boum 2 ". Europeans United for Freedom a fait son apparition à cette période sur Facebook avec parmi ses porte-paroles Sarah Melis, prise en photo avec Dries Goethals au pèlerinage Yser Wake de l’extrême droite flamande en août 2021. Il y a ensuite eu en mai l’affaire du militaire lié à l’extrême droite Jürgen Conings, qui avait menacé Marc Van Ranst et avait disparu après avoir volé des armes. À l’été 2021 est né le groupe flamand Belgians For Freedom avec Ezra Armakye, qui donnera par la suite naissance fin octobre à Samen Voor Vrijheid. Les manifestations ont ensuite grossi en nombre.

On a une galaxie de noms de groupes, qui donnent une impression de masse alors que ce sont les mêmes acteurs ", analyse Manuel Abramowicz. " C’est la première fois que l’extrême droite arrive à mobiliser une foule pluraliste, qui va nier le fait que les organisateurs sont d’extrême droite, car ce sont les médias qui l’affirment et ils sont considérés comme à la solde du gouvernement. "

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