Nouvelle PAC: "la Wallonie est déjà inscrite dans une démarche bio"

José Renard, secrétaire général de la Fédération wallonne de l'Agriculture, est revenu sur le plan stratégique de la Wallonie en vue de la nouvelle PAC.

agriculture en wallonie
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Ce mercredi matin, le secrétaire général de la Fédération wallonne de l’Agriculture (FWA), José Renard, était au micro de Maxime Binet sur DH Radio. L’occasion pour lui de revenir sur le plan stratégique wallon pour la PAC 2023-2027, présenté ce lundi par le ministre wallon de l’Agriculture, Willy Borsus.

Ce plan pour une agriculture de demain va-t-il assez loin pour protéger nos fermes? " Une de nos revendications était que ce plan stratégique prenne en compte l’élément ‘revenu’ ", débute José Renard. " Octroyer un revenu décent aux agriculteurs est un des cinq objectifs de la PAC ", rappelle l’invité. " Ces aides sont nécessaires car le revenu qui est dégagé par la commercialisation des produits est trop bas actuellement ", déplore-t-il.

Aujourd’hui, un agriculteur qui possède une ferme familiale peut compter sur environ 20.000€ de revenus par an, précise José Renard. " Si vous ramenez ça à l’heure, pour certaines activités, on tombe parfois à un revenu de 4 ou 5 euros de l’heure pour un agriculteur ", regrette José Renard, qui précise que ces faibles revenus ne s’améliorent pas avec le temps: " L’écart entre la moyenne du revenu agricole et la moyenne du revenu des autres catégories actives s’accroit. " Le plan stratégique présenté ce lundi pourra ainsi remédier à ces écarts de revenus.

Un autre axe important du plan stratégique wallon est la transition écologique. L’objectif de la Wallonie, c’est d’atteindre 30% de cultures bio en 2030. Est-ce un objectif réaliste?
Les 30% bio qui sont dans cette déclaration sont dans la continuité de plans stratégiques amorcés depuis 2013 ", précise José Renard. " Aujourd’hui, 1 hectare sur 7 en Wallonie est déjà cultivé en bio, soit 1 agriculteur sur 9 ", rappelle le secrétaire général de la FWA. " 90% du bio belge est produit en Wallonie. Donc la Wallonie est déjà inscrite dans cette démarche bio" , se réjouit-il. " Ce que nous demandons, c’est qu’il y ait aussi un accompagnement pour soutenir les filières et soutenir la consommation. "

Certaines associations écologiques estiment toutefois que le plan proposé par la Wallonie aurait dû aller plus loin en termes de durabilité. " Tout le monde est dans son rôle ", temporise José Renard. " Nous, notre crainte était que l’on place le niveau d’exigence tellement haut que les agriculteurs ne s’engagent pas et n’adhèrent pas au système. "

Pour conclure, l’agriculture wallonne a-t-elle un avenir? " L’agriculture wallonne a des atouts en matière de durabilité, mais elle doit être accompagnée pour y arriver ", résume le secrétaire de la FWA, qui réclame encore davantage de soutien d’un point de vue économique.

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