Denis Ducarme critique Georges-Louis Bouchez et ses " petits calculs politiques "

Le député fédéral Denis Ducarme était au micro de DH Radio ce mardi matin pour évoquer les tensions au sein du MR.

Denis Ducarme MR
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Le poids lourd du parti libéral est revenu ce mardi matin sur les propos qu’il a tenus la veille, dans une interview accordée à la DH, qui prédessinent une contestation au sein du Mouvement Réformateur. Le député avait ainsi assuré qu’il y aurait un candidat libéral démocrate face à Georges-Louis Bouchez à l’échéance de son mandat. Maxime Binet a commencé par lui poser la question que tout le monde avait envie de lui poser: sera-t-il ce candidat ? Denis Ducarme a assuré que ce ne sera pas nécessairement le cas et qu’il ne s’agissait pas d "" une question personnelle ". " Jean-Luc Crucke laisse un énorme vide, il était au centre de l’échiquier politique. Ce que je veux simplement dire avec mes amis à l’ensemble des libéraux démocrates, des libéraux sociaux du Mouvement Réformateur, c’est qu’il ne sont pas orphelins. Leurs voix seront portées à l’échéance du mandat de Georges-Louis Bouchez. Dans l’histoire du parti libéral, un courant plus conservateur et un courant plus démocrate ont toujours coexisté et ils doivent continuer à s’exprimer. Les libéraux se positionnent du centre à la droite et tout le monde doit s’y retrouver ", a-t-il avancé, en précisant qu’il était important de le dire vu le nombre de positionnements très à droite de son président.

Même s’il ne veut pas parler de fronde ni de contestation entamée au sein de son parti – il dit vouloir faire vivre les courants historiques présents au sein du MR – le député libéral a ensuite indiqué être entouré et soutenu dans cette volonté. " Ce ne sont pas des positions que l’on prend quand on est seul. J’ai été honoré de la confiance de près de 40% des membres du MR à l’occasion du dernier suffrage interne, donc je peux compter sur l’appui d’un certain nombre de parlementaires, d’élus de terrain et de présidents de fédérations pour mettre en place ces débats. "

Il a ensuite fini par livrer à la fin de l’interview quelques noms qui se cachent derrière ces soutiens comme Caroline Taquin (députée fédérale et bourgmestre de Courcelles), Nicolas Tzanetatos (député à la Région Wallonne et à la Fédération Wallonie-Bruxelles) ou encore Christine Defraigne (première échevine à la ville de Liège, ex-députée et présidente du Sénat). Un groupe de libéraux démocrates va ainsi mettre en place des ateliers, des débats en interne pour travailler à l’écriture d’un manifeste pour le libéralisme social.

" La posture adoptée par GLB nous isole d’un certain nombre d’autres partis "

Cette annonce de campagne intervient alors que des sorties du président du MR ont fait réagir jusqu’au vice-président de l’Open VLD, Vincent Van Quickenborne, qui a estimé ce week-end que les libéraux francophones étaient conservateurs. Denis Ducarme a admis au micro de Maxime Binet que c’était " du jamais vu entre libéraux ". Il a ainsi déploré, " dans ce contexte de crise sanitaire, alors que toute la société souffre, voir des politiques comme le vice-premier Open VLD indiquer qu’un président de parti aboie. " " Je pense que l’on peut débattre sans frôler l’insulte. "

Le député libéral n’a ainsi pas écarté la crainte de voir le MR être débarqué et remplacé par le cdH au gouvernement fédéral et wallon et a préféré répondre : " Il y a un élément dans la méthode actuelle de Georges-Louis Bouchez que j’estime être un mauvais choix : pour débattre il ne suffit pas simplement de toujours se placer dans la confrontation, dans le clivage. On est dans un moment de crise qui implique que les politiques se doivent plutôt de dialoguer, de réconcilier la société et ce n’est pas la posture adoptée par Georges-Louis, au contraire. Et je crois, en effet que, cela nous isole d’un certain nombre d’autres partis. "

Il a ainsi tenu à nouveau à se distancer par rapport à une des dernières annonces de son président, auquel il a adressé son carton rouge. " Georges-Louis Bouchez, pour flatter quelques ultras ou passionnés de la politique française, nous indique qu’il respecte plus Zemmour pour la constance de ses idées qu’une démocrate. Je ne peux pas admettre cela. En tant que libéral, on ne peut pas banaliser des idées aussi horribles que celles-là simplement par petits calculs politiques. "

Denis Ducarme a ensuite taclé d’autres politiques qui ont aussi pris la parole sur l’identité de son parti. Paul Magnette, président du parti socialiste, a ainsi déclaré que le MR était plus conservateur que libéral. " Magnette prolonge une course folle entamée il y a plusieurs années derrière une extrême gauche des plus staliniennes que l’on connait en Europe, à savoir le PTB. Cela met très mal à l’aise les sociaux démocrates. A Charleroi, il a préféré gouverner avec le PTB plutôt que de discuter avec le MR. Il est mal placé pour donner des leçons au MR sur des débats internes ", a-t-il rétorqué.

Quant à Maxime Prévot, président du cdH actuellement en mutation, qui a formulé un appel du pied aux libéraux sociaux mal à l’aise au MR… Denis Ducarme l’a décrit comme " aux abois " et l’a invité à le rejoindre lui et ces parlementaires prêts à écrire un manifeste pour le libéralisme social.

Finalement, il a adressé son carton vert à Jean-Luc Crucke, " un ami ", en le partageant avec Adrien Dolimont (successeur de Jean-Luc Crucke au gouvernement wallon). " Je veux l’encourager et lui dire encore une fois que je suis 100% à ses côtés. "

Les dossiers chauds au fédéral

Les débats sur l’obligation vaccinale débutent aujourd’hui en commission Santé. Pour le poids lourd du MR, celle-ci est une fausse bonne idée. " Pourquoi vacciner des enfants de 5 ou 8 ans? Il faut reconnaitre que certaines personnes sont plus fragiles que d’autres et se concentrer sur elles. On ne va pas piquer les gens de force! Il faut convaincre plutôt que menacer ", a-t-il défendu en précisant que ce débat compliqué arrivait tard… trop tard.

Autre dossier chaud discuté actuellement au niveau fédéral : la prolongation du nucléaire. Lundi, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a rendu son avis tant attendu qui donne un sacré coup de pouce au plan B, à la prolongation. Une victoire pour le parti libéral. " C’est une victoire sur le fond, tout le monde nous disait que ce n’était pas possible, que l’on essayait de réanimer un cadavre. Ce n’est pas vrai! ", s’est-il réjoui avant d’avancer: " Maintenant, on va voir si d’autres vont être dogmatiques et vont refuser l’objectivité de ce rapport et mettre fin au nucléaire en mettant en danger la sécurité de l’approvisionnement et les prix de l’énergie. "

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