Pass vaccinal: après la France, la Belgique ?

Le sujet sera bientôt débattu à la Chambre mais à l'instar de la vaccination obligatoire, il divise le monde politique.

Pass vaccinal en Belgique
Illustration. (@Belga Image)

Pour lutter contre la pandémie, immuniser la population grâce aux vaccins est une de nos meilleures armes. Mais encore aujourd’hui, ces injections ne font malheureusement pas l’unanimité. Certains font excès de prudence, d’autres ont cédé au chant des sirènes du complotisme.

Très peu de pays ont décidé de réagir en rendant la vaccination Covid-19 obligatoire. Même si, dernièrement, quelques États ont sauté le pas. D’autres refusent catégoriquement cette solution et préfèrent trouver d’autres stratagèmes pour inciter à accepter la piqure.

Parmi ceux-ci, le pass sanitaire a été largement instauré. Mais aujourd’hui, certains pays, comme la France, le remplacent par un pass vaccinal. Pour aller au restaurant, au cinéma ou à la salle de sport, il faut désormais être vacciné, l’immunité due à la maladie ou un test négatif ne suffisent plus. Une sacrée incitation à la vaccination, vue parfois comme une entrave à la liberté individuelle.

Comme à chaque fois que nos voisins font quelque chose, l’idée est analysée chez nous aussi. Dans son rapport de la semaine dernière, le commissariat corona de Pedro Facon suggérait la mise en place d’un pass vaccinal plutôt qu’obliger à la vaccination. Le sujet sera également prochainement débattu à la Chambre.

La gauche favorable

Du côté des socialistes flamands, on est pour faire exactement comme les Français. Le président de Vooruit Conner Rousseau a expliqué que " à l’heure actuelle, la liberté de 10 % de la population est prioritaire sur celle de 90 % de la population ".

Il voudrait donc interdire l’accès aux lieux publics à ceux qui ont refusé la piqure. " Ce que nous voulons faire, c’est leur faire supporter (et seulement à eux) les conséquences de leur choix de ne pas se protéger et de ne pas protéger les autres ", a-t-il déclaré. " La patience a assez duré. Sans certificat de vaccination, vous ne pouvez entrer nulle part, mais avec un certificat de vaccination, vous pouvez entrer partout ".

Sans surprise, le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbrouke, qui est du même parti, rejoint son président. " Le pass vaccinal comme en France est parfaitement défendable ", a-t-il commenté. " Le raisonnement est logique: si vous voulez participer à certaines activités où vous pouvez infecter d’autres personnes, comme dans un bar, la vaccination est obligatoire. C’est une sorte d’obligation de vaccination. Et je pense que nous devons avoir ce débat. "

Idem pour la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale (PS). Selon elle, les Gouvernements doivent agir en ce sens. " C’est notre responsabilité en tant que pouvoir public de devoir prendre une norme afin d’évacuer les tensions ", a-t-elle affirmé.

" Hypocrisie "

Évidemment, l’idée ne fait pas l’unanimité. La plupart des opposants comparent le pass vaccinal à une vaccination obligatoire déguisée.

Pour le ministre de la Mobilité, Georges Gilkinet (Ecolo), cette mesure est  " hypocrite " et préférerait que la question de l’obligation vaccinale soit étudiée et débattue clairement. " Il faut prendre le temps de bien sonder toutes les parties de la population pour une question aussi importante d’un point de vue éthique et de santé publique ", a-t-il ajouté.

Pour le parti DéFi, la députée Sophie Rohonyi tient le même discours que le ministre. " C’est plus simple de débattre de la vaccination obligatoire et de dire clairement les choses plutôt que de flouer la population avec un pass vaccinal qui s’érige comme une obligation déguisée, ce serait hypocrite. Même d’un point de vue  sanitaire, c’est inefficace, car cela peut engendrer un faux sentiment de sécurité et on ne peut raisonnablement pas écarter une personne qui présente un test PCR négatif. Ce serait aberrant. Il faut faire les choses de manière claire et honnête ", a-t-elle détaillé à 7sur7.

Sur le même sujet
Plus d'actualité