Fin de la crise: " Sans Delta et Omicron, la pandémie serait déjà quasiment finie "

Nicolas Franco, chercheur en modélisation mathématique à l'UNamur, était l'invité de Maxime Binet dans Il faut qu'on parle sur DH Radio ce mardi. Il est notamment revenu sur les différents scénarios possibles prédits pour la pandémie de coronavirus en Belgique.

Nicolas Franco à propos de la crise sanitaire.
Nicolas Franco. (@Belga Image)

Nicolas Franco, chercheur en modélisation mathématique à l’UNamur, était l’invité de Maxime Binet dans Il faut qu’on parle sur DH Radio ce mardi. Il est notamment revenu sur les différents scénarios possibles prédits pour la pandémie de coronavirus en Belgique. Depuis le début de l’année, les contaminations au coronavirus connaissent une tendance importante à la hausse. En cause, le variant Omicron hautement contagieux. Un changement dans la stratégie sanitaire doit-il dès lors être envisagé pour tenter de garder la situation sous contrôle ?

« Au niveau du testing, il y a déjà des changements qui sont d’application depuis hier », pointe Nicolas Franco. « Il y aura probablement une surcharge mais les adaptations ont été faites en fonction de la contagiosité du nouveau variant qui semble plus rapide mais moins longue. Une inconnue persiste cependant concernant les hospitalisations par rapport au variant Delta », détaille le chercheur en modélisation mathématique à l’UNamur. « On sait qu’il y en a beaucoup moins. Mais est-ce que c’est deux fois moins? Trois fois moins? Si on observe ce qui se passe dans les autres pays cela varie encore un peu. Donc on ne sait pas ce qui va arriver chez nous. On sera dans une situation soit difficile, soit très difficile. »

Par ailleurs, en dépit de la hausse importante des contaminations ces dernières semaines (plus de 20.000 Belges infectés en moyenne par jour entre le 1 et le 7 janvier), Nicolas Franco affirme que nous nous situons dans le bas de la fourchette des prévisions. Plusieurs scénarios annonçaient en effet jusqu’à 120.000 infections par jour. Ce décalage s’expliquerait en réalité par des prévisions qui étaient basées sur une situation de fêtes de fin d’année avec des rassemblements importants: « Certes les écoles étaient fermées, les gens se déplaçaient moins mais nous n’allons pas fêter Noël chaque semaine », analyse le chercheur. Il faudra donc observer l’évolution de l’épidémie dans les prochaines semaines pour voir si cette tendance se confirme.

Enfin, récemment, le Premier ministre Alexander De Croo avait déclaré que la pandémie de coronavirus pourrait continuer encore pendant 2 ou 3 ans. Pour Nicolas Franco, il est néanmoins impossible de se prononcer à l’heure actuelle à ce propos: « On ne peut pas prévoir en raison de l’apparition de nouveaux variants tous les 6 mois », conclut-il. « Sinon on pourrait le faire. On l’a même déjà fait. S’il n’y avait pas eu les variants Delta et Omicron, la pandémie serait déjà quasiment finie depuis septembre-octobre. Malheureusement, ces variants sont arrivés, cela a changé la donne. »

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