La gratuité des autotests ? "Tout simplement pas possible", pour Vandenbroucke

Plusieurs organisations, dont la Ligue des familles et Test Achats, demandent la gratuité des autotests.

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Les autorités ont une fois de plus modifié la stratégie de testing et de quarantaine/ @BELGAIMAGE

Avec la 5e vague et la montée d’Omicron, les laboratoires et la structure fédérale de testing s’apprêtent à vivre un mois de janvier compliqué. Afin d’éviter un " crash système " sous l’afflux des nouvelles contaminations, les autorités ont une fois de plus modifié la stratégie de testing et de quarantaine. Les nouvelles procédures prévoient, pour certains cas contact à haut risque, un recours aux autotests avant de sortir de quarantaine.

Et avec la rentrée scolaire du 10 janvier, l’outil est mis en avant. Mardi, les ministres de la Santé et de l’Éducation ont " vivement " recommandé aux parents " de faire passer un autotest à leurs enfants d’âge scolaire à partir du dimanche 9 janvier et de répéter cette démarche une fois par semaine ". Une recommandation répétée lors du codeco du 6 janvier, les parents étant appelés à " tester leurs enfants à l’aide d’autotests autant que possible ".

Une recommandation qui a un coût

Pour Solidaris, Test Achats et la Ligue des familles, le financement de cette nouvelle stratégie ne doit pas reposer exclusivement sur le portefeuille des ménages, déjà fragilisés après presque deux ans de pandémie. Vendredi, ces organisations ont donc demandé l’élargissement des conditions de remboursement des autotests, ainsi que le plafonnement de leur prix. Actuellement, ces tests- qu’on peut trouver en pharmacies ou dans les supermarchés– coûtent entre 3 et 8 euros. Seuls les bénéficiaires de l’intervention majorée (statut BIM, soit tout de même quelque 900.000 ménages) peuvent prétendre à leur remboursement partiel.

Pour la plupart des familles, suivre la recommandation des autorités aura donc un coût. Combien ?  Pour une famille avec deux enfants, entre " 24 euros et 64 euros par mois ", a calculé Test Achats. " Ce coût vient en effet s’ajouter à ceux des masques, gels hydroalcooliques, etc. dont Test Achats avait déjà calculé au mois de juin dernier qu’il pouvait largement dépasser 40 euros par mois " ajoute l’organisation de défense des consommateurs.

Fixer un prix maximum?

À en croire Frank Vandenbroucke, interrogé à l’issue du dernier Codeco, il ne faudra pas s’attendre à un geste du gouvernement. " J’aimerais bien que cela soit gratuit, a répondu le ministre de la Santé. L’autorité fédérale est l’autorité la plus pauvre[sic] de toutes les autorités de ce pays ". Mais plus encore qu’une histoire de sous, le problème serait avant tout pratique.

À l’entendre, rendre les autotests gratuits nécessiterait un trop grand effort administratif ; les mutuelles seraient noyées sous la charge. " On les met [les autotests NDLR] à disposition en masse dans les supermarchés. On les achète à partir de 3,5 euros. On ne peut pas faire un système de remboursement dans les supermarchés comme cela existe chez les pharmaciens. Cela demanderait un an ou deux de travail et de préparations administratives. Ce n’est tout simplement pas possible ", a appuyé le socialiste flamand.

1,75 euro aux Pays-Bas

Selon le ministre, un geste des autorités serait de toute façon inutile, la vente en supermarché ayant permis de faire baisser le prix de vente des autotests. Un argument rejeté par Test Achats : " Il semblerait que le manque de concurrence en Belgique rende les prix plus élevés qu’ailleurs, pointait la porte-parole, Julie Frère, dans Le Soir. Il faudrait donc aussi jouer sur les prix en encourageant plus de concurrence et en fixant éventuellement un prix maximum ".

Comme c’est le cas en France, où le prix de vente maximum est de 5,2 euros. Aux Pays-Bas, un test à faire la maison peut se trouver à 1,75 euro, chez Action. " Plusieurs pays européens et les Etats-Unis ont démocratisé leur accès en assurant leur gratuité ou en prévoyant un remboursement par l’assurance-maladie sans que la vente de ces tests dans le commerce de détail soit un obstacle à cette meilleure accessibilité financière ", ajoutait Solidaris dans un communiqué.

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