Be-Alert: comment ça fonctionne exactement et est-ce efficace?

Ce système, conçu pour notifier rapidement la population d’une urgence ou d’un incident grave, a ses qualités mais n’est pas infaillible.

Téléphone et ordinateur
Illustration d’un téléphone et d’un ordinateur, les deux voies de communication de Be-Alert @BelgaImage

Ce jeudi 6 janvier, vous avez de bonnes chances de recevoir un SMS inhabituel du numéro 1789 si vous vous trouvez en Wallonie. Il s’agit en réalité d’un test du système Be-Alert, qui ne nécessite pas de réponse de la part des personnes voyant ce message. Il est simplement conseillé de s’inscrire sur le site internet lié à ce service. Mais de quoi s’agit-il d’ailleurs? Comment fonctionne-t-il? Remplit-il correctement la mission qu’il se donne et enfin, pourquoi tout le monde le reçoit ce jeudi, même ceux qui n’y sont pas inscrits? On fait le tour de la question.

Presque un million d’utilisateurs

Le but de Be-Alert est d’améliorer les systèmes d’alertes données à la population afin de la tenir au courant d’un incident grave ou d’une urgence. Cela peut être un incendie, une coupure de courant, une tempête, des inondations, etc. Auparavant ce rôle était par exemple tenu par l’alerte au porte-à-porte ou par les sirènes Seveso, inactives depuis 2019 et dont le démantèlement était prévu jusqu’à l’horizon 2022. En s’inscrivant sur base volontaire à Be-Alert, une personne peut recevoir un message direct, soit par SMS, par mail ou par message vocal (selon son choix).

Pour les autorités, passer par ce canal est très pratique puisqu’il permet de faire chaque seconde 100 SMS, 600 appels simultanés et même 10.000 mails. Un moyen rapide pour donner des recommandations de sécurité. C’est ce qui a amené de nombreuses personnes à s’y intéresser. Avant la crise sanitaire par exemple, il y avait déjà 729.000 inscrits. Au tout début de l’épidémie, entre le 12 et le 19 mars 2020, il y a eu 50.000 demandes en plus. Puis avec les inondations de juillet 2021, une nouvelle vague d’inscriptions a été constatée. Le nombre total d’enregistrements est ainsi passé à 890.000 en août 2020, 921.500 en septembre 2021 et 959.000 aujourd’hui. 85% des communes belges utilisent activement ce système. Les touristes et les personnes de passage en Belgique peuvent elles aussi passer par Be-Alert.

Différentes possibilités d’utilisation

Globalement, la décision d’utiliser ce système incombe à trois niveaux. Les plus courants sont ceux de la commune et de la province. Le ministère de l’Intérieur peut également le solliciter mais c’est très rare. Un bourgmestre, la police ou les pompiers peuvent donc passer par Be-Alert. C’est ce qui a été fait ce mercredi 5 janvier à Gand à cause d’un important incendie dans le port de la ville, afin que les habitants situés à proximité ferment les fenêtres et les portes à titre préventif. Un bourgmestre ne peut toutefois pas utiliser ce canal pour des événements anodins.

Cas particulier: pour les situations très graves, une alerte peut être envoyée à toute la population se trouvant dans une zone donnée sans forcément que tout le monde soit inscrit. C’est ce canal-là qui a été testé ce jeudi, via les antennes GSM. «Dans ce cas, il est vrai que les gens n’ont pas donné leur accord, mais de longues discussions, notamment avec la commission de la vie privée, nous a convaincu de l’importance du système pour sauver des vies», explique à la RTBF Benoit Ramacker, porte-parole du centre de crise du SPF Intérieur.

Même si les alertes les plus importantes peuvent être données à tous, le porte-parole invite à s’inscrire quand même sur Be-Alert. «Cela nous permet d’envoyer un message, même lorsque les personnes ne sont pas chez elles. Imaginez qu’il y a une inondation dans votre maison, mais que vous travaillez ailleurs. Si vous êtes inscrit, vous recevrez un message vous précisant : ‘Attention, il y a, chez vous, un problème d’inondation’», donne-t-il comme exemple.

Un système utile mais pas infaillible

Un bon exemple d’utilisation de Be-Alert a justement eu lieu il y a quelques mois, lors des inondations de juillet dernier. À cette occasion, près de 2.160.000 SMS, 15.000 e-mails et 2.000 appels ont été envoyés. Le centre de crise estime que 85% des messages envoyés ont été ouverts. Mais comme l’a constaté RTL Info, si le système a été correctement déployé dans plusieurs communes, il y a parfois eu quelques couacs. Ça a été le cas à Trooz où les messages ont été envoyés trop tard avec des problèmes techniques, ou à Marche-en-Famenne où des problèmes de réseau ont amené les autorités à se rabattre sur les parlophones pour alerte la population. Ce problème de réseau est d’ailleurs particulièrement prégnant dans des zones plus isolées, comme l’a fait savoir le responsable de la communication de crise en province de Luxembourg.

Pour autant, le centre de crise n’envisage pas un retour aux sirènes. Sa porte-parole explique à RTL Info que ce système écarte de fait les personnes malentendantes, là où un message Be-Alert est à la fois lisible et audible, et n’est que temporaire. «Si on a reçu le SMS et qu’on ne l’a pas lu dans les cinq minutes, le SMS est toujours sur notre téléphone. Alors que la sirène, si on ne l’a pas entendue, c’est trop tard», explique-t-elle.

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