Quand Puurs ne profite pas de l’argent de Pfizer, Mayence gagne des milliards

La commune belge avoue que la différence entre sa situation et celle de la ville allemande a de quoi piquer. Pour autant, elle n'appelle pas au changement.

Usine Pfizer de Puurs
Usine Pfizer de Puurs, le 3 décembre 2020 @BelgaImage

Puurs-Saint-Amand ne bénéficie pas du résultat opérationnel de la société pharmaceutique Pfizer. C’est ce qu’écrit ce vendredi Gazet van Antwerpen.

Le jour et la nuit entre l’Allemagne et la Belgique

Le bourgmestre de Puurs-Saint-Amand, Koen Van den Heuvel, n’est pas intéressé par le prélèvement d’impôts communaux sur les revenus des entreprises, mais cela aurait été un beau cadeau pour le budget de la localité avec Pfizer sur son territoire. En Allemagne en comparaison, l’entreprise BioNTech, partenaire de Pfizer qui a développé le vaccin produit par Pfizer à Puurs, doit verser trois milliards d’euros. La ville allemande de Mayence peut ainsi clôturer l’exercice budgétaire 2021 avec un excédent d’environ un milliard d’euros. De quoi combler totalement la dette de la localité et lui permettre d’investir dans des musées, des terrains de sport ainsi que dans des mesures pour attirer de nouvelles entreprises.

«En Allemagne, des impôts sont prélevés sur les revenus des entreprises qui profitent aux villes ou aux communes. Pas chez nous», explique Van Den Heuvel. Par exemple, il est possible que Pfizer ait gagné plus de 30 milliards au cours de la dernière année uniquement grâce à la vente de son vaccin anti-Covid et que Puurs n’en voie pas un euro, si ce n’est le revenu cadastral. «Hors taxe foncière, le revenu cadastral est calculé au mètre carré. J’estime que cela s’élèvera à environ un million d’euros pour Pfizer», précise Van den Heuvel. Un million, contre trois milliards en Allemagne, soit une goutte d’eau souligne le Gazet van Antwerpen. «Alors qu’ils sont ici à Puurs, 4.000 employés fabriquent des vaccins pour le monde entier».

Van den Heuvel admet que ça pique, mais il ne veut pas aller jusqu’à plaider pour un système fiscal différent. «N’oubliez pas que Pfizer crée 4.000 emplois de qualité ici dans la région et que tous ces employés paient de l’impôt sur le revenu, bien sûr».

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